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Les électeurs ont dit "dégage" à Nicolas Sarkozy, selon Roselyne Bachelot

Roselyne Bachelot sur le plateau de News et Compagnie.

Roselyne Bachelot sur le plateau de News et Compagnie. - Capture BFMTV

Elle a quitté la politique mais Roselyne Bachelot continue d'apporter son analyse. Invitée jeudi soir sur BFMTV, l'ancienne ministre de la Santé et des Sports est revenue sur la mise en examen de Nicolas Sarkozy pour "financement illégal" de sa campagne de 2012. Et met à mal la défense de l'ancien président de la République.

D'un ton pédagogique, Roselyne Bachelot a rappelé les différents volets de cette affaire judiciaire: le dépassement des dépenses de campagne déjà sanctionné par le Conseil constitutionnel, l'affaire à proprement parler Bygmalion impliquant le système de fausses factures et enfin les 10 millions de dépenses qui apparaissent dans les comptes de l'UMP mais qui n'ont pas été imputés à la campagne du candidat de 2012.

"Même l’avocat de Nicolas Sarkozy fait la confusion, déplore-t-elle. Mais on n’a pas encore parlé des 10 millions d’euros non imputés."

"Personnellement responsable de ses dépenses"

Avec sa liberté de parole retrouvée, Roselyne Bachelot détruit également un des arguments de l'ancien chef de l'Etat. "Il y a un argument que je trouve très difficilement recevable, c'est celui qui dit ‘j’étais président de la République, est-ce que vous pensez que je puisse m’occuper de ça?", détaille-t-elle.

Et d'ajouter, sévèrement: "Un candidat, qu’il se présente à une élection départementale ou qu’il se présente à la présidence de la République, il est personnellement et indéfiniment responsable de ses dépenses de campagne. (...) Si on pense qu’on ne peut pas être candidat et président de la République, alors il faut choisir et on n’est pas candidat."

Mais sa position vis-à-vis du président des Républicains est plus profonde. Selon Roselyne Bachelot, certaine de ne pas être entendue, ce dernier devrait renoncer à la primaire de la droite et du centre. Non pas à cause des affaires judiciaires qui le concernent mais bien à cause de sa position politique et du rejet des électeurs, notamment lors des dernières élections régionales.

"Est-ce qu’on va entendre à un moment le message des électeurs. Qu’est-ce qu’ils viennent de nous redire ? Ils ont dit (à Nicolas Sarkozy, NDLR) 'dégage, dégage', si on n’est pas capable d’entendre ça, c’est que ça ne va pas.", assène Roselyne Bachelot.

J.C.