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EDITO - La guerre Fillon-Sarkozy a commencé!

Anna Cabana

Anna Cabana - -

François Fillon est monté au front jeudi soir contre Nicolas Sarkozy en lui déniant le rôle d'"homme providentiel" et de "recours" pour l'UMP dans la perspective de la présidentielle de 2017.

François Fillon, qui était en meeting à La Grande Motte jeudi soir. Ses amis promettaient que ce serait son grand soir, le soir où il allait relever le gant contre Nicolas Sarkozy. Alors a-t-il été à la hauteur de cette promesse? Il a été au rendez-vous, oui, il ne s’est pas défilé, il a assumé et sa colère contre Nicolas Sarkozy et son ambition.

Il faut que je vous avoue quelque chose: je suis étonnée. Je pensais que Fillon allait faire comme toujours: se dégonfler quand il s’agirait de passer à l’acte et de cogner vraiment Sarkozy. Il est coutumier du fait. Il a passé cinq ans, en tant que Premier ministre de Sarkozy, à faire entendre sa propre petite musique anti-sarkozyste, à caresser l’idée d’aller au cash, mais sans jamais le faire. Plus récemment, dans sa guerre contre Jean-François Copé, il a juré qu’il serait candidat à la présidence de l’UMP version 2, et puis il s’est débiné.

Bref, François Fillon est connu pour ne jamais aller jusqu’au bout de sa volonté d’en découdre. Eh bien jeudi soir, il est allé jusqu’au bout: son discours de La Grande Motte restera dans les annales comme celui où il a rompu avec Sarkozy.

Une rupture avec Nicolas Sarkozy?

François Fillon y est allé fort. Il a été d’une violence rare. Il a truffé son discours de phrases assassines, de phrases ciselées pour tuer. Ecoutez plutôt comment il a parlé du vrai-faux retour de Sarkozy, lundi:

"Je l'ai écouté avec intérêt et respect, et l'accueil qui lui fut réservé fut chaleureux. Cependant, je ne lie pas l'avenir de l'UMP à un homme. L'UMP ne peut vivre immobile, congelée, au garde à vous, dans l'attente d'un homme providentiel!"

Et pan! C’est d’une violence inouïe, même pas déguisée, contre Sarkozy. Et Fillon, chez qui chaque phrase est calibrée et soupesée, ne s’est pas arrêté là. Il est allé de perfidies en perfidies.

Quatre ans de guerre?

L'ancien Premier ministre a déclaré: "Nous devons tous refaire nos preuves, moi le premier." Et ce n’est pas tout: "Rester sur son piédestal en attendant que la gauche s'effondre et en espérant être plébiscité des Français, c'est l'assurance de l'échec."

Et encore: "Chacun a le droit de vouloir servir son pays et chacun aura le droit d'être candidat aux primaires, mais personne ne peut dire Circulez! Il n'y a rien à voir, le recours c'est moi!" Ça s’appelle canarder sa cible. Je vous le dis: la guerre Fillon-Sarkozy a commencé jeudi soir. On en a pour quatre ans…

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Anna Cabana