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Chef de parti ou candidat à la primaire, la double casquette de Sarkozy agace

À l’approche de la primaire à droite, Nicolas Sarkozy multiplie les déplacements, officiellement avec sa casquette de président du parti Les Républicains. Mais l'ancien chef d'Etat reste ambigu sur sa candidature. De quoi agacer ses rivaux qui dénoncent une "inégalité de moyens".

C'est ce qu'on appelle avoir une double casquette. Nicolas Sarkozy, président du parti Les Républicains, est probablement aussi candidat à la primaire à droite qui se déroule en novembre prochain. Jusque là, rien d'incompatible. Mais c'est son ambiguïté qui lui est reproché.

Dans ses déplacements, le chef de parti est officiellement reçu comme tel. Pourtant, dans ses faits et gestes, Nicolas Sarkozy porte davantage le costume du candidat: discours autocentrés, séances dédicaces pour son livre La France pour la vie… Et même quand ses admirateurs lui posent la question sur son retour en 2017, la gêne et le silence s'installent devant les caméras. Le principal concerné n'est pas à l'aise avec le sujet, sans doute parce que son rival Alain Juppé caracole en tête des sondages.

"Moi je vis dans la vie réelle, vous, vous vivez dans le virtuel", répond-il alors à notre journaliste, Salhia Brakhlia, esquivant une nouvelle fois le sujet lors d'un déplacement à Reims ce lundi.

Clarification le 25 août au plus tard

Sur le papier, rien ne l’oblige à quitter son poste avant le 25 août, comme le stipulent les statuts, soit quinze jours avant la date limite de dépôt des candidatures, le 9 septembre. Il y a donc fort à parier que l'ancien chef d'Etat entretienne le faux mystère jusqu'au bout, au grand dam de ses rivaux.

"C'est son choix, c'est lui qui maîtrise le calendrier, il est face à sa conscience", a sèchement rétorqué François Fillon ce mardi soir, au 20h de TF1.

Mais comme l'ancien Premier ministre, certains dénoncent les méthodes du patron de Les Républicains, usant des moyens du parti pour faire campagne.

"Je mène ma campagne en pleine transparence, sans toucher un sou de mon parti, de ma formation politique, avec les dons que m'apportent les Français", a fait savoir François Fillon.

"Inégalité de moyens"

Autrement dit, Nicolas Sarkozy manquerait de transparence. "Il fait des meetings, rencontre les militants et fait une vraie campagne de terrain (…) Je pense qu’une clarification serait utile", s’est également agacé Jean-Pierre Raffarin, soutien d’Alain Juppé, ce lundi sur France Inter. De son côté, Nathalie Kosciusko-Morizet a dénoncé "l'inégalité des moyens" entre les candidats, mardi soir au bureau politique du parti.

Contrairement aux autres candidats, Nicolas Sarkozy n'a par exemple pas besoin de louer des salles pour organiser des réunions publiques. Idem pour les frais de déplacements. "Un président de parti n’est pas là pour faire simplement des communiqués sur la mort de Mohamed Ali, ce n’est pas la reine d’Angleterre", justifie dans Le Monde le porte-parole sarkozyste du parti, Guillaume Larrivé.

Anticipant sans doute ces critiques, l'ancien président de la République a réactivé son site internet pour récolter des dons, plus personnels. De quoi apaiser les ardeurs de ses rivaux tout en flagellant sa politique du mystère.

Pierjean Poirot avec Salhia Brakhlia