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Les "conneries" de Pécresse, la France "une dictature": les nouveaux extraits du cours de Wauquiez

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Jeudi et vendredi derniers, Laurent Wauquiez a vidé son sac devant des élèves de l'EM Lyon, une école de commerce lyonnaise, ne se sachant pas enregistré. Vendredi, l'émission Quotidien de TMC avait rendu publics des premiers extraits de sa leçon. Ce lundi, l'émission a diffusé d'autres propos polémiques du président des Républicains.

Ce lundi, au moment de défendre leur patron, les porte-paroles des Républicains se sont montrés bien embarrassés. Depuis vendredi, des extraits, diffusés par l'émission Quotidien de TMC, d'un enregistrement sonore du président de LR, Laurent Wauquiez, devant des étudiants de l'EM Lyon, à l'occasion d'un séminaire qu'il dispensait dans l'école de commerce en fin de semaine dernière, circulaient. L'enregistrement avait été réalisé à l'insu du responsable politique qui avait instamment demandé que ses dires ne sortent pas des murs de la salle où il se trouvait avec ses auditeurs du moment. 

On y entendait le président du Conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes s'en prendre entre autres à Gérald Darmanin, Angela Merkel mais surtout à Nicolas Sarkozy. Mais il ne s'agissait là que des propos tenus par Laurent Wauquiez lors de son cours du jeudi. Ce lundi soir, Quotidien a rendu public des extraits de son cours de vendredi. Ces nouvelles sorties devraient étendre l'incendie à droite plutôt que l'éteindre. 

Laurent Wauquiez et les "guignols" d'En Marche

Le président des Républicains a notamment dit son peu de considération pour la chose parlementaire, et l'esprit critique des députés issus de la majorité: 

"L’équilibre des pouvoirs… ça, ça fait vraiment partie d’une illusion ! Vous croyez qu’un parlementaire a le moindre pouvoir aujourd’hui ? Vous avez vu les guignols d’En Marche ? Ils sont tous avec le petit doigt sur la couture, ils doivent tous voter la même chose. Quand ils osent apporter la moindre dissonance, ils se font taper dessus avec une matraque. Il n’y a aucun équilibre des pouvoirs en France. Donc, il y a une dictature totale en France. L’alignement entre l’exécutif et le législatif, c’est une vaste foutaise !"

Le mot doux de Wauquiez pour Pécresse 

Laurent Wauquiez est le chef d'une formation politique désormais parcourue au grand jour par d'importantes lignes de fractures idéologiques. Et l'une de ses déclarations de vendredi dernier n'est pas de nature à le rabibocher avec l'une de ses opposantes de l'intérieur: Valérie Pécresse. S'étonnant du parcours étudiant de l'une de ses auditrices de l'EM Lyon, d'une classe préparatoire littéraire vers cette école de commerce, Laurent Wauquiez a alors enchaîné: "C’est vrai, c’est Valérie qui avait mis ça en place ? Le nombre de conneries qu’elle peut faire !"

Juppé? L'homme qui "a cramé la caisse" à Bordeaux 

Laurent Wauquiez avait aussi des amabilités à servir au sujet du maire de Bordeaux, Alain Juppé, qui a déjà pris ses distances avec son parti. Pour le président des Républicains, Alain Juppé est un responsable dépensier et peu crédible sur les thématiques relevant des finances publiques. "Alain Juppé, qui est une personne éminemment respectable, a totalement cramé la caisse. A Bordeaux, il a fait des miracles, Bordeaux est géniale, c’est très bien géré mais il a fait exploser les impôts. Et il a fait exploser la dépense publique et il a fait exploser l’endettement", a-t-il d'abord lancé. 

"Ma conviction, c’est que quand vous faites ça, vous n’avez pas à l’arrivée plus aucune forme de crédit. Parce que si vous êtes de droite et que vous voulez dire aux gens : ‘Si, vous me faites confiance, moi je n’augmente pas les impôts, je lutte contre le gaspillage de l’argent public, et je vous remets de l’ordre dans les finances’. Commencez par le faire, dans vos responsabilités ! Et qu’on puisse commencer à vous faire confiance", a-t-il prolongé. 

Le MEDEF, la CGPME, "ce qu'ils veulent c'est encaisser l'argent"

Toujours devant ce même parterre d'étudiants, il a fustigé une autre sortie d'argent. cette fois-ci, les syndicats étaient à l'origine de son emportement. "Par exemple, les associations syndicales recevaient à peu près 5 millions d’euros chaque année de la région. La CGT se faisait un joli chèque de trois millions d’euros sur le budget de la région, chaque année !" a-t-il dit. Il a assuré avoir mis fin à cette pratique: "Moi, je les ai reçues et je leur ai dit : ‘Je suis extrêmement attaché à l’indépendance des syndicats et donc, comme je ne veux surtout pas que vous dépendiez de moi, c’est zéro.’"

Il a alors nommé les plus grands coupables selon lui. "Et le pire, si on est très honnête entre nous, c’est que les plus catastrophiques, c’est qui ? C’est le MEDEF et la CGPME. Eux, c’est pire que tout. Ils n’en ont rien à foutre de savoir si on augmente les cotisations sur les entreprises, si on augmente le truc, la seule chose qu’ils veulent c’est encaisser l’argent."

"Il faut que je me dise que tout ce que je dis va sortir" 

Laurent Wauquiez a aussi fait une curieuse observation durant ce cours. Alors qu'on peut s'étonner de son manque de prudence, il avait eu un moment d'une paradoxale lucidité devant son auditoire vendredi:

"La caractéristique quand on est un élu surtout dans le monde actuel, c’est que tout ce que vous dites, à tout moment, peut être utilisé, repris et déformé contre vous. En gros, dans ma vie politique, dès que j’ai plus de deux personnes autour de moi, il faut que je me dise que tout ce que je dis va sortir".

Robin Verner