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Législatives: la moitié des Français souhaite que Macron ait une majorité

Emmanuel Macron, dans le jardin du Luxembourg.

Emmanuel Macron, dans le jardin du Luxembourg. - Eric FEFERBERG / AFP

Le nouveau sondage Elabe "L'opinion en direct" pour BFMTV montre que plus de la moitié des Français désirent qu'une majorité présidentielle se dégage à l'issue des législatives, mais l'opinion apparaît très divisée sur la question, comme sur les attentes à placer dans le quinquennat.

A un mois des législatives, les Français sont très partagés. C'est le trait saillant qui ressort du dernier sondage Elabe pour BFMTV diffusé ce mercredi. Ainsi, ils ne sont qu'un peu plus de la moitié de la population électorale à souhaiter à Emmanuel Macron l'appui d'une majorité présidentielle. 52% des Français ont émis une opinion allant en ce sens, quand 47% ont penché pour une majorité de députés défavorables au prochain chef de l'Etat. Les avis divergent notamment en fonction de l'âge. 53% des 18-24 ans veulent des députés majoritairement opposés au président de la République, alors que les 65 ans et plus sont 58% à lui souhaiter une Assemblée nationale globalement favorable à sa politique. 

Les Français (un peu) plus nombreux à souhaiter une majorité présidentielle

Les attentes sont aussi différentes selon les couches sociales. Les catégories "supérieures et moyennes" soutiennent, à un taux de 64%, une majorité présidentielle, quand les catégories populaires s'orientent davantage vers le schéma inverse. Parmi elles, 73% des ouvriers espèrent que les législatives feront la part belle à l'opposition au Palais-Bourbon.

Les appartenances et sympathies politiques donnent encore un autre aperçu. D'après les réponses obtenues auprès du panel, les électeurs "fillonistes" se répartissent en deux hémisphères strictement égaux (50% chacun) tandis que les électeurs de Benoît Hamon se prononcent à 68% pour une majorité présidentielle. En revanche, 63% des gens ayant choisi Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle veulent que les députés défavorables au programme d'Emmanuel Macron l'emportent en nombre à l'Assemblée nationale. Les citoyens qui ont préféré Marine Le Pen sont encore plus nombreux à espérer cette option (85%). Les abstentionnistes et personnes ayant voté blanc ou nul au premier tour de la présidentielle sont 59% à vouloir une majorité favorable à Emmanuel Macron, contre 39% prônant l'inverse. 

Le pessimisme est de mise 

Le pessimisme est en revanche plus large lorsqu'il s'agit de prendre position sur le sujet suivant: "Pensez-vous que l’élection d’Emmanuel Macron en tant que Président de la République permettra d’améliorer les choses en France ?" Réponse: "non", pour 55% des Français et "oui", pour 44% d'entre eux, selon l'étude. On retrouve les mêmes différentiels. 53% des catégories les plus âgées, et 60% des cadres voient les suites de l'élection d'un bon oeil, tandis que 59% des citoyens les plus jeunes et 68% des catégories populaires n'ont pas confiance dans la capacité de ce quinquennat à arranger les conditions du pays.

Les ouvriers sont même 80% à penser que le résultat du scrutin ne permettra pas d'améliorer les choses. 58% des anciens électeurs de Benoît Hamon sont optimistes. Cependant, 57% des "fillonistes" soutiennent l'opinion contraire, accompagnés de 70% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon et de 88% des gens s'étant portés sur les bulletins au nom de Marine Le Pen. Les citoyens qui n'ont pas exprimés leurs suffrages au premier tour sont 55% à penser que l'élection d'Emmanuel Macron n'améliorera pas les choses. 

Le rassemblement avant les réformes...ou l'inverse? 

La dernière question posée aux sondés livre un panorama plus mitigé encore. Il s'agissait ici de trancher sur la priorité que devrait observer le prochain président: doit-il d'abord rassembler les Français et apaiser la société au prix éventuellement de reporter certaines mesures ou réformes, ou doit-il au contraire mettre l'accent sur les réformes plutôt que sur l'unité de la population. Dans l'ensemble, 50% des personnes interrogées souhaitent qu'il privilégie le rassemblement et l'apaisement sur les réformes, quand 48% adoptent une position moins consensuelle et veulent qu'"il réforme le pays en profondeur même si cela divise les Français et provoque des mouvements sociaux importants". 

Pour 73% des cadres, l'essentiel est la réforme plutôt que le rassemblement. Pour 51% des catégories populaires, c'est l'autre option qui doit prévaloir. Du côté des électorats, les électeurs de Benoît Hamon (64%) et de Jean-Luc Mélenchon (74%) se placent parmi ceux qui attendent avant tout l'apaisement de la société et le rassemblement des Français. Les électeurs de François Fillon comptent, quant à eux, davantage sur les mesures et les réformes "en profondeur", à hauteur de 70%. D'après les résultats de l'enquête d'opinion, 63% des sympathisants de Marine Le Pen ont le même ordre de priorité. Les électeurs d'Emmanuel Macron, en revanche, ne savent pas trop sur quel pied danser: 53% d'entre eux attachent une plus grande importance à la poursuite de réformes et de mesures, mêmes polémiques, et 46% sont plus enclins à faire de l'apaisement et du rassemblement dans le pays le premier objectif du mandat qui s'annonce. 

Echantillon de 1 000 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes : sexe, âge et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération. Interrogation par Internet les 9 et 10 mai 2017.

Robin Verner