BFMTV

Présidentielle: que nous dit la projection sur l'abstention?

Des électeurs dans un isoloir, près de Toulouse, le 23 avril 2017 (photo d'illustration).

Des électeurs dans un isoloir, près de Toulouse, le 23 avril 2017 (photo d'illustration). - Eric CABANIS / AFP

D'après une projection Elabe pour BFMTV, l'abstention à 20 heures atteindrait 20%. Un résultat qui se situe dans la moyenne, mais plus faible que celui que laissaient envisager les sondages.

L'abstention sera-t-elle la première à faire mentir les sondages? Ces dernières semaines, de très nombreuses études d'opinion ont fait ressortir l'incertitude des électeurs, indécis sur la teneur de leur vote ou simplement sur le fait de voter ou de s'abstenir. Des indicateurs qui laissaient présager une forte abstention, comparable à celle qui avait marquée l'élection présidentielle de 2002.

D'après une projection Elabe pour BFMTV, l'abstention devrait atteindre à 20 heures le chiffres de 20%. Un taux qui se situe dans la moyenne, puisque la présidentielle, un scrutin particulièrement mobilisateur en France, enregistre régulièrement 80% de participation environ. En 2012, 79,5% des électeurs s'étaient déplacés au premier tour, et un peu plus de 80% au deuxième. En 2002, l'abstention avait atteint un record, plafonnant à 28,4% lors du premier tour, au cours duquel Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen s'étaient imposés.

Si cette abstention se confirme, "elle sera inférieure à celle des très grandes années de participation, par exemple comme en 2007", note Bernard Sananes, le président d'Elabe, qui a commenté sur BFMTV cette estimation.

D'après lui, un tel chiffre montrerait qu'"il n’y a pas eu de désintérêt pour cette campagne". "Peut-être que l’indécision des derniers jours a fait monter la participation", analyse-t-il.

Une indécision mobilisatrice

Interrogé par BFMTV.com mardi, le politologue Eddy Fougier, chercheur associé à l'Iris, tablait lui aussi sur un effet mobilisateur de l'indécision qui règne depuis quelques semaines. "Plus ce sera flou, plus ça va mobiliser les uns et les autres", prévoyait-il. Pour Ruth Elkrief, éditorialiste à BFMTV, un tel score signifie que les Français, malgré leurs incertitudes, ont pris en compte "le caractère crucial de cette élection". 

"Petit à petit, les Français ont appréhendé, intégré les données nouvelles de cette campagne et finalement ils ont décidé et se sont engagés en allant voter", estime-t-elle. 

D'après Thierry Arnaud, chef du service politique de BFMTV, trois facteurs ont joué dans ce résultat: tout d'abord, la perception des enjeux importants de cette élection.

"Tout au long de cette campagne qui a été très longue, on a vu se manifester deux sentiments contradictoires. Le premier c’est un intérêt pour la campagne, qui ne s’est jamais démenti. Et l’autre c’est un sentiment de perplexité, d’insatisfaction vis-à-vis de l’offre politique", rappelle-t-il. 

Un plaidoyer pour le renouvellement

Ensuite, il estime aussi que l'incertitude a eu un rôle primordial. "Quand vous avez le sentiment que parce que c’est incertain votre vote peut peser davantage sur le résultat final que lorsque tout semble écrit d’avance, c’est un facteur supplémentaire important pour se déplacer aux urnes", poursuit-il. Enfin, l'envie de renouvellement politique a pu avoir un impact important. 

"Le premier message qu’ont fait passer les Français, très tôt, c’est qu’ils voulaient du renouvellement. Et qu’ils ne voulaient pas en particulier la revanche du match François Hollande- Nicolas Sarkozy. Ils ne l’ont pas, et la moitié des onze candidats qui se présentent aujourd’hui le sont pour la première fois", conclut Thierry Arnaud. 

Suivez en direct la soirée électorale en cliquant sur ce lien. Retrouvez le détail des résultats au fil de leur publication en suivant ce lien.

Charlie Vandekerkhove