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Le portrait au vitriol de Macron par Hollande

Emmanuel Macron, son épouse Brigitte et François Hollande.

Emmanuel Macron, son épouse Brigitte et François Hollande. - PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP

Dans son livre Les Leçons du pouvoir, François Hollande livre la chronique de la trahison de son ancien conseiller, dont il brosse un portrait peu amène.

C'est un portrait à mi-chemin de Brutus et de Rastignac. Dans son livre à paraître ce mercredi, Les Leçons du pouvoir, l'ancien président de la République François Hollande présente son ancien conseiller et désormais successeur, Emmanuel Macron, sous un jour peu flatteur, comme en attestent les extraits publiés par Le Parisien

"Pour lui, une volonté clairement affirmée et beaucoup de séduction pourvoient à tout. C’est sa méthode. Qu’en dirais-je de plus? Il a été mon conseiller. Je ne suis pas le sien", jette l'ancien locataire de l'Élysée, lapidaire.

Ambition

Avec son ironie acide, celui qui fut onze années durant à la tête du Parti socialiste s'amuse du "tutoiement facile" d'Emmanuel Macron, ou de sa "tendance à embrasser ses visiteurs comme du bon pain, y compris Pierre Gattaz qui n’en demandait pas tant".

L'ancien président ne se limite pas à railler le caractère onctueux de l'ancien banquier d'affaire. François Hollande s'emploie en effet à démontrer la duplicité du fondateur de La République en marche, au service de sa seule destinée selon lui. Revenant sur l'arrivée d'Emmanuel Macron au sein de son équipe avant l'élection présidentielle de 2012, le Corrézien écrit:

"Je remarque qu’il abandonne un salaire mirobolant chez Rothschild pour un traitement dix fois moindre auprès de moi, ce qui plaide en sa faveur. Mais peut-être ce sacrifice était-il aussi un investissement d’avenir."

Gêne

S'agaçant de "cette façon de nier l'évidence avec un sourire", le mentor d'Emmanuel Macron relate l'ascension de son conseiller, et la fausseté de son attitude envers lui, par exemple lors de la création d'En Marche!. "Il m’annonce qu’il va fonder sous sa bannière un mouvement destiné à animer le débat d’idées et à mobiliser nos soutiens. Ce n’est pas un nouveau parti, dit-il, c’est un réseau. Il ne concurrencera pas le PS."

Et de constater, amer:

"Il ne veut pas concilier le PS. Il veut le remplacer. Avant de me rejoindre à l’Élysée, en 2012, il a été un spécialiste des fusions-acquisitions : l’opération qu’il prépare n’est pas un rapprochement. C’est une absorption."

François Hollande décrit enfin l'atmosphère tendue de la passation des pouvoirs, et conclut sur cette question rhétorique:

"Je ne crois pas me tromper en disant qu’il éprouve autant de joie qu’il ressent de gêne. Se sent-il coupable de quelque chose ?"

Louis Nadau