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Dans son livre, Hollande égratigne Macron et sa vision monarchique du pouvoir

Dans son ouvrage, dont Le Figaro s'est procuré les bonnes feuilles, l'ancien président revient sur l'ascension d'Emmanuel Macron durant son quinquennat.

Comme prévu, le livre de François Hollande à paraître mercredi, Les leçons du pouvoir (Stock), n'épargne pas Emmanuel Macron. Dans les bonnes feuilles de l'ouvrage, parues dans Le Figaro, l'ancien chef de l'Etat évoque l'ascension de celui qu'il appelle "le jeune ministre", alors qu'il était encore membre de son gouvernement.

"A l'été 2015, le jeune ministre a pris de l'assurance et s'aventure sur un terrain plus politique. Dans un hebdomadaire, il affirme que la France vit dans une nostalgie implicite de la monarchie, que la disparition du roi a laissé une place vide au sommet de l'État (...)".

François Hollande raconte ne pas avoir, dans un premier temps, décelé de signe derrière cette déclaration.

Puis assène: "pourtant rétrospectivement, cette dissertation éclaire bien la pratique du pouvoir qu'il met en avant depuis son élection."

"Cette façon de nier l'évidence avec un sourire"

Le "jeune ministre" fait de plus en plus parler de lui, jusqu'à la "rumeur" d'un meeting qu'il organiserait à la Mutualité pour déclarer sa candidature à la présidentielle.

"Je l'exhorte à démentir au plus vite la rumeur. Sa réponse est nette: il n'y aurait que 'de la malveillance'. Et il ajoute dans son message: 'Mes soutiens diront demain que le 12 (juillet 2016) ne sert ni à démissionner ni à annoncer ma candidature. Grotesque. Bises'".

François Hollande note pourtant qu'au cours de ce meeting, Emmanuel Macron pose les jalons d'une future candidature. Il demande des comptes à son ministre:

"Le doute n'est plus permis, même s'il m'assure, imperturbable, qu'il n'a pas 'personnalisé' la victoire, laquelle pourrait donc être la mienne. Toujours cette façon de nier l'évidence avec un sourire".

Trahi, François Hollande? Il n'écrit pas le mot. Mais dans une interview à L'Obs, il ne nie pas avoir fait preuve d'une forme de naïveté vis-à-vis de son ancien ministre: "J'ai fait confiance. C'est à la fois mon caractère et un principe", dit-il. Dans son livre, l'ancien président feint de se demander: "Ai-je ainsi encouragé Emmanuel Macron à nourrir une ambition plus haute? C'est possible, tant celle-ci devenait de plus en plus visible."

Un dîner avec Stéphane Bern

Plus tard, il raconte que c'est un dîner avec Stéphane Bern et Emmanuel Macron qui lui ouvrira les yeux sur les intentions de son ancien protégé:

"Soudain Stéphane Bern [...] se tourne vers Macron et il lance d'un ton goguenard: 'Alors, qui sera candidat à l'élection présidentielle?' [...] Un silence s'établit soudain. Emmanuel Macron affiche un visage gêné, comme si des plans secrets étaient soudain dévoilés. La conversation reprend comme si de rien n'était. Mais pour moi, l'avertissement est clair."

Les jeux sont faits, et la rupture entre les deux hommes est proche. Pourtant, aux yeux de l'ancien président, l'élection de son jeune rival tient davantage à un alignement de planètes qu'à son talent:

"Son élection doit beaucoup à un jeu du destin et à l'état des autres forces politiques. Il a dit lui-même qu'il avait été élu 'par effraction'. C'est vrai".

A. K.