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Le couple Chirac se déchire sur la rivalité Sarkozy-Juppé

Jacques et Bernadette Chirac

Jacques et Bernadette Chirac - Patrick Kovarik - AFP

Dans la famille Chirac, Jacques et Bernadette apportent leur soutien à deux ténors différents de l'UMP en vue de 2017. Le premier appuie Alain Juppé quand l'ex-première dame reste une inconditionnelle de Nicolas Sarkozy. 

Après avoir formé un couple politique pendant plus de 50 ans, Jacques et Bernadette Chirac s'opposent sur le sort de l'UMP, par médias interposés. Après avoir appelé à son retour en politique, Bernadette Chirac est redevenue l’une des plus ferventes admiratrices de Nicolas Sarkozy. Après avoir soutenu son camarade corrézien François Hollande en 2012, Jacques Chirac est revenu au chevet de son élève préféré: Alain Juppé. "Le meilleur d’entre nous", disait-il, a ses faveurs en vue de la présidentielle de 2017.

Chirac "un fidèle", Juppé "un fils"

1956, Jacques se marie à Bernadette. 1976, Alain et Jacques se rencontrent. Depuis, "vous savez Jacques Chirac est un fidèle", rappelle régulièrement le maire de Bordeaux qui avait pris la tête du premier gouvernement de l'ère Chirac. Celui qui a occupé l’Elysée de 1995 à 2007 "considère Alain Juppé comme son fils", renchérit même François Fillon. "Si j'en avais l'énergie, j'aurais déjà réservé ma place, même une petite, à son QG", a confié Jacques Chirac au Figaro.

Mais cette prise de position d‘un Jacques Chirac affaibli et discret, claque comme une réponse aux piques de son épouse.

La dissolution et le sacrifice de Juppé

Juppé? "Il est très, très froid et il n'attire pas les gens", a lâché l'ancienne première dame, à Tulle dimanche dernier lors des sénatoriales. S’en suivait une comparaison avec Nicolas Sarkozy, où Bernadette Chirac laissait comprendre que l’un n’arrivait pas à la cheville de l’autre. Leur mésentente daterait de la dissolution de l’Assemblée nationale décidée par Jacques Chirac en 1997, sur les conseils d’Alain Juppé, selon certains observateurs.

Dans l’autre sens, difficile aussi d’oublier qu’Alain Juppé a en partie endossé la responsabilité des affaires qui ont secoué la mairie de Paris après le règne de Jacques Chirac, deux mandats durant. Le maire de Bordeaux avait d’ailleurs été condamné et avait s’éloigner de la vie politique pendant un an.

La marque de la fille Chirac

Mais dans la famille Chirac, cette réplique porte aussi la marque de la fille, Claude, active en politique, ancienne du cabinet élyséen de son paternel et qui veille toujours au grain. Ce soutien "n’est pas un scoop, élude-t-elle ce jeudi dans les colonnes du Monde. C'est juste la décision et les mots du cœur, il n'y a rien de plus à dire". Mais le Canard enchaîné assure de son côté que Claude Chirac s’oppose à ce que son père reçoive Nicolas Sarkozy qui aimerait, lui, apaiser leur relation. Celui-là même qui, alors qu’il prenait de plus en plus la lumière et qualifiait Jacques Chirac de "roi fainéant", s’était vu recadrer d’un sévère "je décide, il exécute" présidentiel en prime-time (Voir la vidéo ici).

Enfin, dans le match inter-droite, qui fait penser à la bagarre Balladur-Chirac de 1995, déjà lancé à 30 mois environ de la présidentielle, il devient indispensable de s’y préparer: les coups se rendent sans scrupules. D’ailleurs, Nicolas Sarkozy s’affichera jeudi soir, dans un meeting à Troyes, aux côtés de François Baroin. Lui, le quasi-fils adoptif de Jacques Chirac. La politique est une grande famille.

Samuel Auffray