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La réponse cinglante du camp Hamon au ralliement de Le Drian à Macron

Benoît Hamon a réagi à l'annonce du ralliement d'Emmanuel Macron par Jean-Yves Le Drian.

Benoît Hamon a réagi à l'annonce du ralliement d'Emmanuel Macron par Jean-Yves Le Drian. - Anne-Christine Poujoulat - AFP

Alors qu'elle était attendue depuis plusieurs semaines, l'annonce du ralliement du ministre de la Défense à Emmanuel Macron est une mauvaise nouvelle de plus pour Benoît Hamon. Les porte-parole du candidat socialiste dénoncent le manque "de respect" envers les électeurs de gauche et parlent d'un soutien "incohérent".

L'annonce officielle de ce ralliement aura tardé, mais pas la réponse de Benoît Hamon. Jean-Yves Le Drian a confirmé son ralliement à Emmanuel Macron à Ouest France ce jeudi, ce qui confère au candidat d'En Marche! un nouveau soutien de taille, mais constitue pour le candidat socialiste à la présidentielle une mauvaise nouvelle de plus.

Soutenu par quelques membres du gouvernement seulement, officiellement lâché par une partie du PS, et même par son adversaire de la primaire Manuel Valls, qui ne le parrainera pas, Benoît Hamon a réagi à cette énième trahison du vote de la primaire par la voie d'un communiqué acerbe, signé de ses porte-parole.

"Pas acceptable"

Pour le candidat, la décision du ministre de la Défense n'est pas une surprise: "Voilà plusieurs semaines que certains déçus du résultat de la primaire organisent le feuilleton de leur ralliement à un autre candidat", écrit le communiqué. Il pointe "l'incohérence" de ce ralliement, dont il questionne "les raisons profondes" et décrit un Jean-Yves Le Drian, ancien maire de Lorient et député du Morbihan, isolé par rapport aux élus socialistes de l'ouest de la France et de la Bretagne. 

"Jean-Yves Le Drian ne respecte pas le vote des électeurs de gauche qui, y compris dans le Morbihan, ont largement désigné Benoît Hamon comme leur candidat pour cette élection présidentielle. Il n'est pas acceptable, en démocratie, que des responsables politiques ne s'accommodent du vote des électeurs que lorsque celui-ci leur convient", dénonce le communiqué.

Les porte-parole du candidat évoquent ensuite la tribune publiée le 12 mars par des élus bretons et de l'ouest de la France, pour appeler au rassemblement derrière Benoît Hamon: "Jean-Yves Le Drian est isolé parmi les élus de Bretagne, dont plus d'une centaine a manifesté son soutien à Benoît Hamon dans une tribune récemment", écrivent-ils. Parmi les signataires figuraient notamment les anciens ministres socialistes Louis Le Pensec, Charles Josselin et Marylise Lebranchu, cette dernière étant l'initiatrice de cet appel.

Divisés sur l'idée d'un service militaire obligatoire

Sur le fond, le camp Hamon questionne les raisons de ce ralliement, pointant une contradiction entre la vision de Jean-Yves Le Drian et celle d'Emmanuel Macron sur un point en particulier. Alors que le candidat d'En Marche! a récemment proposé la création d'un service militaire obligatoire pour tous les jeunes, le ministre de la Défense s'y opposait, comme le rappelle le document, notamment en décembre 2016.

"Incorporer par obligation 780.000 nouveaux appelés, chaque année, garçons et filles, qui ne resteraient pas dans les armées et qui monopoliseraient l'encadrement militaire ruinerait ce délicat édifice de compétences et d'efficacité' qu'est la professionnalisation de l'armée française", déclarait le ministre.

Ironie du calendrier, Benoît Hamon est en déplacement en Alsace ce jeudi pour présenter précisément son programme pour la Défense. "Son projet ne souffre, lui, d'aucune contradiction", concluent ses porte-parole. 

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Benoît Hamon

Charlie Vandekerkhove