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La baromètre des éditorialistes: la démission de Hulot, un "problème politique énorme" posé à Macron

Thierry Arnaud sur BFMTV le 28 août 2018

Thierry Arnaud sur BFMTV le 28 août 2018 - BFMTV

Nos éditorialistes politiques Bruno Jeudy et Thierry Arnaud reviennent sur le départ de Nicolas Hulot du gouvernement et sur ses retombées potentielles pour l'exécutif.

Été difficile pour le gouvernement: après avoir débuté sur la retentissante affaire Benalla, la saison s'achève sur le départ de Nicolas Hulot. C'est à la surprise générale - y compris celle du président et du Premier ministre - que l'ancien ministre de la Transition écologique a annoncé sa démission ce mardi, au micro de France inter. En portant un regard dur sur son bilan... et en portant un coup à l'exécutif. 

Car ce départ pourrait avoir des conséquences sur la présidence d'Emmanuel Macron et l'image de chef d'État novateur qu'il entretient depuis sa prise de pouvoir. Comment cette nouvelle déconvenue politique peut-elle éclabousser le gouvernement? Nos éditorialistes politiques, Bruno Jeudy et Thierry Arnaud, se sont penchés sur la question. 

> Bruno Jeudy: "Son 'en même temps' politique a pris un coup énorme"

"Pour Emmanuel Macron, c’est un énorme problème politique. C'est même une crise, et c’est peut-être l'une des premières crises politiques que traverse le président.
Il faut quand même dire qu’il l’apprend quasiment en montant dans l’avion, et le ministre ne l’a pas prévenu. La singularité, au-delà de l’annonce en direct dans les médias, c’est peut-être de ne pas avoir prévenu Emmanuel Macron.
Pour Emmanuel Macron, son 'en même temps' politique a pris un coup énorme, parce que Nicolas Hulot c’est la sensibilité de gauche de cette équipe aujourd’hui. Quand on regarde les sondages, on voit bien que Nicolas Hulot est adoré des sympathisants mélenchonistes, socialistes, marcheurs moins à droite. Hulot en moins, c’est compliqué."

> Thierry Arnaud: "Le risque pour Emmanuel Macron, c'est la banalisation"

"La question fondamentale que ça pose, c’est que finalement la promesse du macronisme n’est pas tenue. Ses réformes audacieuses, ses symboles, et Nicolas Hulot en était un.  Les discours sont éloquents, brillants parfois, mais les actes ne suivent pas et le risque pour Emmanuel Macron c’est un risque de banalisation. C’est de n’être plus ce jeune président innovant qui veut faire de la politique autrement, qui veut renverser la table, mais finalement une version un peu plus jeune de ce qu’on a déjà connu et qui au fond fait de la politique un peu de la même manière. C’est la raison pour laquelle tout ce qu’on entend dans la bouche des responsables de la majorité et des ministres comme Brune Poirson, c’est 'on continue à faire ce qu’on fait depuis le début et on ne lâche rien sur ces réformes et sur nos ambitions'."

Benjamin Pierret