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Affaire Benalla: les pistes pour réorganiser l'Elysée

Le secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler, le 5 juin 2018 devant le palais présidentiel, à Paris.

Le secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler, le 5 juin 2018 devant le palais présidentiel, à Paris. - Ludovic Marin - AFP

De la communication à la sécurité du Président, l'Elysée devrait subir une réorganisation de certains de ses services, dans la foulée de l'affaire Benalla.

Emmanuel Macron l'avait demandé quelques jours seulement après la révélation de l'affaire Benalla: une réorganisation de l'Elysée afin d'éviter de "nouveaux dysfonctionnements". Pourtant, "la nécessité de revoir l'organisation interne a été identifiée bien avant l'affaire" selon une source à l'Elysée citée dans Le Parisien de ce lundi. "Depuis juin, l’Elysée réfléchit à l’amélioration des circuits de fonctionnement", confirmait il y a quelques semaines un conseiller du gouvernement à L'Opinion.

C'est à Alexis Kohler, secrétaire général de l'Elysée, qu'il revient donc de faire le ménage dans le palais de la présidence. Cette grande réorganisation devrait se traduire tout d'abord par la création d'un poste de directeur général des services (DGS), une sorte de DRH de l'Elysée.

"C'est lui qui gérerait les recrutements, les missions attribuées aux salariés, les logements de fonction…", détaille un proche du président au Parisien.

Un individu qui se serait révélé précieux dans l'affaire Benalla et qui aurait pu éclaircir les circonstances du recrutements et les missions précises du collaborateur d'Emmanuel Macron, mis en examen fin juillet, entre autres, pour violences en réunion et immixtion dans l'exercice d'une fonction publique.

L'épineuse fusion des services de sécurité

Autre pendant de cette réorganisation à l'Elysée: la fusion des différents services assurant la sécurité du Président et le basculement du Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR) sous la coupe du commandement militaire, actuellement chargé de la sécurité du site et des bâtiments de l'Elysée.

Le GSPR, aujourd'hui sous la tutelle du ministère de l'Intérieur, quitterait la responsabilité de la police pour celle des gendarmes, résumait L'Opinion en juillet. Avec à la clé une grande marge de manoeuvre pour l'Elysée, affranchie de la tutelle du ministère de l'Intérieur. Selon nos informations, Alexandre Benalla travaillait activement à ce projet de fusion.

Autre faille mise en lumière lors de l'affaire Benalla: le manque de cohérence dans la communication au sommet de l'Etat. C'est d'abord Bruno Roger-Petit, porte-parole discret de la présidence, qui s'est exprimé au lendemain de la diffusion des vidéos des violences par Le Monde.

"Quand vous voyez un porte-parole qui parle pour la première fois en pleine tempête, cela interroge. Il faut un directeur de la communication qui reprenne le récit", juge dans Le Parisien un proche d'Emmanuel Macron.

Pendant sa campagne, le candidat d'En marche avait en outre promis de "changer" ou de "confirmer l'intégralité des postes de direction dans la fonction publique". Certains hauts fonctionnaires, en poste à l'élection d'Emmanuel Macron, ont ainsi eu le choix de rester ou de partir. Cette promesse pourrait être réactivée à la lumière des dernières semaines

Du côté du gouvernement, Benjamin Griveaux a promis "des changements profonds". La question est de savoir quand: remanier les ministres directement après l'affaire Benalla pourrait constituer un aveu de faiblesse, mais certains ministres pourraient avoir des velléités électorales locales.

L.A.