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Juppé voit en Sarkozy son "principal concurrent"

Alain Juppé en mars dernier, à Bordeaux.

Alain Juppé en mars dernier, à Bordeaux. - Nicolas Tucat - AFP

Dans une interview à Valeurs actuelles, le maire de Bordeaux, candidat à la primaire UMP pour 2017, reconnaît être en "compétition" avec Nicolas Sarkozy. Mais il prône le rassemblement et l'apaisement.

Face au retour imminent de Nicolas Sarkozy, la contre-attaque s'organise. Alain Juppé, candidat à la primaire UMP en vue de la présidentielle de 2017, affirme dans une interview à Valeurs actuelles que Nicolas Sarkozy est son "principal concurrent". 

"Je n'ai jamais attaqué Nicolas Sarkozy, je défends son bilan, j'ai une longue histoire avec lui, j'ai beaucoup d'estime pour lui, je crois qu'il en a aussi pour moi. Mais je souhaite mener un combat, le mot n'est pas guerrier, disons une compétition, sur des questions de fond, sans animosité contre quiconque", affirme Alain Juppé.

Selon l'ancien Premier ministre, ce qui le différencie de l'ex-président, c'est qu'il "croi(t) moins aux ruptures brutales et davantage à l'esprit de rassemblement et d'apaisement (...) Pour réformer la France, il faut d'abord éviter les clivages inutiles", insiste-t-il. "Nous aurons, le moment venu, des débats de fond", ajoute Alain Juppé.

La primaire, "indispensable"

Le maire de Bordeaux, qui devance l'ancien président chez les Français de droite dans plusieurs sondages, affirme qu'"une primaire ouverte à tous les sympathisants de la droite et du centre, à tous les partisans de l'alternance républicaine" est "absolument indispensable".

"Si nos légitimes compétitions ne sont pas soldées dans le cadre de la primaire, elles se cristalliseront au premier tour de l'élection présidentielle, avec un risque majeur que le candidat de notre famille soit absent du second tour. Je crois aussi que cela correspond à une aspiration profonde de nos électeurs, qui n'ont plus envie de se voir imposer un candidat par la décision d'un parti politique mais qui désirent participer au choix", explique-t-il.

"Mon credo reste le triptyque 'apaisement, rassemblement et réformes bien préparées'", ajoute Alain Juppé, qui se définit "certes comme libéral, mais aussi social et gaulliste". Interrogé par ailleurs sur l'hypothèse d'une dissolution, le maire de Bordeaux affirme: "Je ne crois pas à la dissolution car je ne crois pas aux vertiges suicidaires des députés socialistes. Aujourd'hui, des élections législatives anticipées seraient à coup sûr une raclée mémorable pour le PS, parce que le rejet du président de la République et du gouvernement est profond". "Je ne sais pas ce que ferait l'UMP en cas de cohabitation, et voudrais d'abord réfuter l'argument de Madame Le Pen qui laisse croire, au motif que certains d'entre nous se sont prononcés contre la cohabitation, que nous ne serions pas prêts à gouverner. C'est faux!", assure-t-il.

A. K. avec AFP