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Juppé ou Sarkozy en 2017? Morano et Dati laissent planer le doute

Nadine Morano lors d'un meeting de l'association des amis de Nicolas Sarkozy en 2013

Nadine Morano lors d'un meeting de l'association des amis de Nicolas Sarkozy en 2013 - Patrick Kovarik - AFP

Nadine Morano et Rachida Dati, deux sarkozystes historiques laissées de côté,  ont repris leur liberté de parole et ne manquent plus une occasion de critiquer les propositions de l'ancien chef de l'Etat. 

L'allégeance sans faille a fait place au soutien sous conditions. Fidèles parmi les fidèles de Nicolas Sarkozy, Nadine Morano et Rachida Dati émettent désormais publiquement des réserves, voire des critiques, contre l'ex-président de la République.

Pasionaria de la première heure, toujours présente à la télévision comme sur les réseaux sociaux pour défendre "Nicolas" sur le terrain politique ou judiciaire, l'eurodéputée de l'Est Nadine Morano a pris ses distances avec l’ancien chef de l’Etat, mercredi sur RTL. A la question de savoir si elle suivrait Nicolas Sarkozy ou Alain Juppé en 2017, elle a laissé planer le doute: "Ce qui m'intéresse, ce sont les idées, le programme pour la France. Nous verrons à ce moment-là quel sera le programme défendu, où seront représentées mes idées et j'entends bien les faire valoir". 

Rachida Dati contre "un chèque en blanc pour la France"

Et si Nadine Morano reste "très attachée à l'ensemble de la campagne (pour la présidence du parti) de Nicolas Sarkozy", en témoigne sa participation au meeting de Mulhouse ce mercredi, ce n’est pas la première fois qu’elle monte au créneau. Peu de temps après le retour en politique de l'ex-président, l’ancienne ministre et députée avait déjà critiqué sa décision de ne pas s’entourer des sarkozystes historiques

Elle n'est pas seule chez les anciens lieutenants du candidat UMP à avoir la dent dure. Sur France 2 mercredi, l’eurodéputée Rachida Dati s’est également emportée contre le "casting" qui se met en place dans sa famille politique avant de refuser de "signer un chèque en blanc pour la France" à son "ami Nicolas Sarkozy".

Les sarkozystes historiques n'hésitent plus à tacler leur champion

Nadine Morano et Rachida Dati ont également vivement critiqué la position de leur ancien leader sur le mariage pour tous et sa volonté d'abroger la loi Taubira annoncée le week-end passé lors du meeting de Sens Commun. 

"Nous sommes nombreux (à l’UMP) à ne pas être sur cette ligne" qui "n'est pas la priorité des Français", a commenté Nadine Morano, quand Nathalie Kosciusko-Morizet, qui participe activement à la campagne en cours, s’est, elle aussi, publiquement opposée à son candidat.

Co-fondateur en 2012 avec Brice Hortefeux de l'association des Amis de Nicolas Sarkozy, le député-maire de Nice Christian Estrosi l'a également contredit, proclamant que le mariage homosexuel était "une avancée".

Les élus prudents

Entre jalousie, désir d'exister et prudence exacerbée, petit à petit, au fil de la campagne pour la présidence de l'UMP, le pack des sarkozystes historiques s'est desserré. Mais si la victoire annoncée de Nicolas Sarkozy est sans appel, il n'y aura plus le temps de tergiverser en vue de 2017.

Plus largement, il s'agit d'une prudence de mise chez les élus de l'opposition. Une enquête d’Europe 1 montre que moins de 50% des parlementaires UMP sont convaincus par Nicolas Sarkozy à la tête du parti quand moins d'un quart le place comme candidat naturel en vue de 2017.

Pour autant, il reste dans l'un et l'autre des cas, le choix numéro 1 des parlementaires de son parti, et ce malgré les affaires judiciaires comme Bygmalion.

Samuel Auffray