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Jouyet, le numéro 2 de l'Elysée, dans la tourmente

Le secrétaire général de l'Elysée Jean-Pierre Jouyet

Le secrétaire général de l'Elysée Jean-Pierre Jouyet - Alain Jocard - AFP

François Fillon a démenti, dimanche, avoir plaidé auprès de l'Elysée pour accélérer les procédures judiciaires contre Nicolas Sarkozy et accusé le secrétaire général de la présidence, dont le témoignage est à l'origine de ces allégations, de mensonge.

Quel avenir dans les murs de l'Elysée pour Jean-Pierre Jouyet? Le secrétaire général du palais, ami proche de François Hollande, a été accusé de "mensonge" par François Fillon dimanche soir, après un changement de version "officielle" de leur déjeuner, en juin dernier, durant lequel, selon lui, l'ancien Premier ministre aurait demandé de "taper" contre Nicolas Sarkozy

Selon Jean-Pierre Jouyet, François Fillon "a également soulevé la question de la régularité du paiement des pénalités payées par l'UMP pour le dépassement des dépenses autorisées dans le cadre de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy".

Demandes de démission et guerre à droite

Et déjà, les demandes de départ s'accumulent contre celui qui avait été nommé il y a quelques mois au poste stratégique de secrétaire général de l'Elysée après avoir été membre du gouvernement... Fillon.

Critiquant les changements de version de Jean-Pierre Jouyet, qui avait d'abord démenti fermement et apporté son soutien, via un texto publié par l'AFP, à François Fillon, Bruno Le Maire, candidat à la présidence de l'UMP, a jugé qu'il n'avait "pas d'autre choix que de remettre sa démission". 

Selon l'ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, "c'est la majorité, le pouvoir qui ont intérêt" à relancer la guerre à droite alors que l'on s'efforce dans les rangs de l'opposition de rejeter un possible calcul politique interne à l’UMP, à une nouvelle guerre de clans, à moins d'un mois de l'élection pour la présidence.

"C'est une affaire de la droite et de l'UMP", a jugé le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll mais cet imbroglio vient en tout cas jeter le soupçon sur la volonté de l'Élysée depuis 2012 de ne pas s'immiscer dans les procédures judiciaires et plus encore lorsqu'elles concernent Nicolas Sarkozy. 

"Citation directe" pour accélérer la procédure

François Fillon devrait procéder par "citation directe" pour "diffamation contre Jean-Pierre Jouyet, pour accélérer la procédure - procès pourrait avoir lieu sous 6 mois - et a aussi demandé aux journalistes du Monde, qui ont dévoilé l'affaire, de produire l'enregistrement de leur entrevue avec le secrétaire général de l'Elysée. Les auteurs de Sarkozy s'est tuer (éd. Stock), avaient en effet enregistré avec son assentiment la conversation qu'ils ont eue avec ce proche collaborateur de François Hollande mais n'envisagent pas "pour le moment" de la rendre publique.

"M'accuser de cette infamie, de la part de journalistes du Monde, je pouvais penser qu'il s'agissait d'une manipulation. Si cette accusation est vraiment celle du secrétaire général de l'Elysée, un personnage important, elle est paraît-il enregistrée, donc il faut que ces enregistrements soient livrés au public", a demandé l'ancien Premier ministre.

Dimanche soir, le parquet de Paris a fait savoir qu'il avait lancé une enquête sur le paiement par l'UMP de ces pénalités "au vu des seuls éléments" transmis "par les commissaires aux comptes de l'UMP", et non après une quelconque intervention de l'exécutif.

Samuel Auffray avec AFP