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Hémorragie politique dans le camp Fillon

Penelope et François Fillon lors du meeting du candidat LR à la présidentielle, dimanche 29 janvier

Penelope et François Fillon lors du meeting du candidat LR à la présidentielle, dimanche 29 janvier - Eric FEFERBERG / AFP

Le candidat de la droite et du centre, François Fillon, a annoncé ce mercredi qu'il poursuivait sa campagne présidentielle malgré sa convocation devant la justice le 15 mars prochain en vue d'une mise en examen. Plusieurs élus du camp qu'il doit représenter à l'élection ont cependant décidé d'abandonner sa cause.

A droite, certaines personnalités politiques ont décidé de ne plus suivre François Fillon dans sa tentative présidentielle après l'annonce ce mercredi de sa convocation devant la justice le 15 mars prochain, en vue d'une mise en examen.

> Bruno Le Maire et ses fidèles partent les premiers

Peu après que le candidat a parlé devant la presse à la mi-journée pour réaffirmer sa volonté de s'accrocher à sa désignation, Bruno Le Maire, candidat malheureux à la primaire et député dans l'Eure, a ouvert le bal. Celui qui avait rejoint François Fillon après le premier tour de la primaire a quitté les fonctions qu'il occupait dans l'équipe de ce dernier: celles de représentant pour les affaires internationales et européennes.

Bruno Le Maire a publié un communiqué expliquant sa décision. Il a ainsi rappelé que François Fillon avait au préalable déclaré qu'il retirerait sa candidature en cas de mise en examen. Constatant que tel n'est pas le cas, l'ex-ministre de l'Agriculture en a tiré l'observation suivante: "Je crois au respect de la parole donnée. Elle est indispensable à la crédibilité de la politique". 

Plusieurs de ses soutiens l'ont bientôt imité. Comme Laure de La Raudière, députée d'Eure-et-Loir, dont le bureau a aussi diffusé un communiqué. La parlementaire a fait savoir que: " 'Dire ce que l’on va faire et faire ce que l’on dit' est même indispensable pour retrouver le lien de confiance nécessaire à l’action politique et pour lutter contre la montée du vote extrémiste." En conséquence, l'élue a choisi de se démettre de ses fonctions de porte-parole pour le numérique dans l'équipe de campagne de François Fillon. 

> Une juppéiste, des sarkozystes jettent l'éponge

Un vent de dissidence souffle aussi parmi les proches de Nicolas Sarkozy. Députée élue dans la Marne et une des vice-présidentes de l'Assemblée nationale, Catherine Vautrin a demandé à François Fillon de "consacrer toute son énergie à défendre son honneur", appelant sa famille politique à se trouver un "autre candidat". Pierre Lellouche, député sarkozyste de la Iere circonscription de Paris, a quant à lui estimé que ce nouveau rebondissement constituait un "point de non-retour" pour l'équipée électorale de François Fillon, après avoir assuré que la campagne du député élu à Paris était déjà "inaudible auprès des Français depuis plusieurs semaines". 

Du côté des partisans d'Alain Juppé, défait au second tour de la primaire par François Fillon, les remous se font également sentir. Jeudi matin, on a appris la démission de Vincent Le Roux, directeur adjoint de campagne de François Fillon. Même chose pour le Lemairiste Sébastien Lecornu.

Fabienne Keller, la sénatrice du Bas-Rhin et proche du maire de Bordeaux, a elle aussi donné son mot dans un message public. Rappelant la "gravité" de la situation, elle a appuyé:"Il n’est pas possible de continuer à faire campagne contre la Justice. J’appelle François Fillon à prendre une décision plus grande que son destin personnel, à prendre en compte le destin de la France".

> L'UDI réserve sa réponse et s'éloigne

Pendant ce temps-là, l'allié centriste s'est aussi mis à renâcler franchement. Dans l'après-midi, l'Union des démocrates indépendants (UDI) a annoncé, via son patron, Jean-Christophe Lagarde, la suspension de sa participation à la campagne de l'ex-Premier ministre. Si la décision définitive ne sera prise que la semaine prochaine, à l'issue d'une réunion du Bureau exécutif du parti, cette nouvelle a encore isolé un peu plus François Fillon.

D'autant plus que certains élus de cette formation sont déjà sortis du rang pour lâcher nettement celui qui postule à emménager au "Château". Dans Ouest-France, Michel Piron, député élu dans le Maine-et-Loire, n'a pas goûté les commentaires du parlementaire parisien sur la justice et a déclaré qu'il prenait désormais ses distances avec sa candidature: ""Quand un prétendant aux plus hautes fonctions ne respecte pas la justice, l’un des piliers de l’État, je ne peux plus le soutenir. La convocation préalable à la mise en examen est, sur la forme, parfaitement légale."

François Fillon est toujours le représentant de la droite et du centre à l'élection présidentielle 2017. Mais, autour de lui, les rangs sont de plus en plus clairsemés. 

Robin Verner