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Les centristes de l'UDI se désolidarisent de la candidature Fillon

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Convoqué par la justice le 15 mars prochain en vue de sa mise en examen, François Fillon a décidé de maintenir sa candidature. L'UDI, parti de centre-droit, a opté pour la suspension de sa participation à la campagne de l'ex-Premier ministre. Les élus du parti évoquent des débats internes mais restent sur la réserve. D'autres ont déjà fait leur choix.

François Fillon comparaîtra devant la justice le 15 mars prochain pour sa mise en examen. Malgré tout, il a annoncé ce mercredi qu'il maintenait sa candidature à la présidentielle. Cette décision, qui ne va pas de soi dans sa propre famille politique, a poussé les alliés de celle-ci à s'interroger. Dans l'après-midi, l'Union des démocrates indépendants (UDI), mouvement de centre-droit, annonçait suspendre sa participation à la campagne de l'ancien chef de gouvernement, par la voix de son patron, Jean-Christophe Lagarde.

Les divisions pointent à l'UDI

Tout est remis à la semaine prochaine, et à la convocation du Bureau exécutif du parti. Pourtant, certains cadres de l'UDI ont déjà fait leur choix. Michel Piron, député élu dans le Maine-et-Loire, a indiqué à Ouest-France qu'il ne pouvait plus soutenir la candidature de François Fillon: "Quand un prétendant aux plus hautes fonctions ne respecte pas la justice, l’un des piliers de l’État, je ne peux plus le soutenir", a-t-il déclaré. 

L'ex-ministre François Sauvadet, président du Conseil départemental de la Côte d'Or, a quant à lui pris un autre chemin: "Pour ma part, j'ai décidé de renouveler ma confiance en François Fillon. Je dénonce l'acharnement dont il fait l'objet en pleine campagne." 

Selon les présidents de groupes parlementaires de l'UDI, pourtant, pas de voix dissonante chez les cadres

Philippe Vigier, député de l'Eure-et-Loire et président du groupe UDI à l'Assemblée nationale interrogé par BFMTV.com, n'évoqué pas de divisions dans son camp mais seulement des échanges: "Un débat interne existe entre les parlementaires mais aussi dans la base." Quant à connaître les revendications d'éventuels courants au sein de l'UDI: "Je ne vais pas parler des positions des uns et des autres. Si on a décidé de cette suspension, c'est pour que ce ne soit pas le bazar."

Le parlementaire renvoie donc à la réunion décisive du Bureau exécutif la semaine prochaine, plus précisément "mardi, ou mercredi". François Zocchetto, président du groupe centriste au Sénat et élu de la Mayenne que nous avons joint dans la soirée, réfute même l'idée de courants sillonnant son camp: "Dans la discussion qui a eu lieu cet après-midi, on ne peut pas parler de courant. La situation politique est renouvelée depuis ce matin. Forcément, ça crée un débat. Mais il n'y a pas de conclusion à en tirer." Le sénateur a toutefois ajouté que les fédérations de militants seraient consultées ce week-end au sujet de la position à tenir vis-à-vis de la candidature de François Fillon dans l'avenir immédiat. 

"Comment tenir?"

Mais à l'évidence, le doute domine désormais parmi les parlementaires UDI. François Rochebloine, député de la Loire qui avait soutenu Nicolas Sarkozy dans la primaire avant de voter en faveur de François Fillon au second tour, l'a dit sans ambages: "Je n'ai même pas encore envoyé mon parrainage. Je suis malheureux pour François Fillon car, dans la situation où on est... comment tenir?"

Se pourrait-il que, pour trouver un nouvel appui dans le cadre de la présidentielle et des législatives, certains élus soient à présent tentés par un ralliement en faveur d'un autre candidat, comme Emmanuel Macron qui a engrangé il y a peu le soutien du voisin de l'UDI au centre, François Bayrou? "Je ne peux pas assurer qu'il n'y en a pas. Mais aujourd'hui, je ne pense pas que ce soit le cas", a simplement glissé François Rochebloine. 

Robin Verner