BFMTV

Candidat et mise en examen: comment Fillon a changé d'avis

François Fillon, le 1er mars 2017.

François Fillon, le 1er mars 2017. - BFMTV

En août 2016, François Fillon assurait que, s'il était mis en examen, il ne se présenterait pas à l'élection présidentielle. Pris depuis dans les affaires, sa position a bien évolué, et le candidat a affirmé qu'il sera bien candidat malgré sa mise en examen prochaine.

Des attaques contre Nicolas Sarkozy durant la primaire de la droite et du centre jusqu'à la mise en oeuvre de sa propre défense face à l'affaire des emplois présumés fictifs de son épouse et de deux de ses enfants, François Fillon a évolué face à la mise en examen depuis août dernier.

"Qui imagine le général de Gaulle mis en examen?"

Le 28 août 2016, François Fillon effectuait sa rentrée politique, avec en ligne de mire le premier tour de la primaire de la droite et du centre deux mois et demi plus tard. A l'occasion de son premier meeting, l'ancien Premier ministre avait taclé Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, qui sont ou ont été mis en examen alors qu'ils occupaient des fonctions politiques.

"Qui imagine le général de Gaulle mis en examen? Être gaulliste, c'est une conception du pouvoir, et singulièrement de la fonction présidentielle", avait-il lancé, ajoutant que le président de la République "ne devrait pas être un président de faits divers".

Le lendemain sur BFMTV et RMC, François Fillon maintenait qu'il "ne serait pas candidat s'il était mis en examen". "Il y a un problème de probité, vous avez des ministres qui ne paient pas leurs impôts, d'autres qui ont des comptes en Suisse. [...] Si j'étais président de la République, je ferais fonctionner les institutions avec un souci prioritaire d'exemplarité".

"On ne peut pas diriger la France si on n'est pas irréprochable. Les ministres et le président de la République ne doivent pas être mis en examen"

A l'occasion du débat du second tour de la primaire de la droite et du centre qui l'opposait à Alain Juppé, François Fillon avait affirmé qu'on "ne peut pas diriger la France si on n'est pas irréprochable".

"C'est une évidence, ça veut dire que les ministres et le président de la République ne doivent pas être mis en examen, doivent avoir une attitude exemplaire", avait-il déclaré, affirmant qu'un homme politique ne pouvait pas exercer "sereinement" avec une instruction judiciaire "sur le dos".

"Quand on choisit d'être candidat, on ne vient pas se plaindre des attaques"

Au début du mois de février, François Fillon était en déplacement au Salon des entrepreneurs. Le candidat de la droite et du centre, qui devait faire face aux premières accusations d'emplois fictifs visant sa femme et ses enfants, avait déclaré être prêt à essuyer les attaques envers sa personne.

"Quand on choisit d'être candidat, on ne vient pas se plaindre de la violence des attaques, on les accepte et on les affronte. Je vais les affronter jusqu'au bout et je serai candidat à cette élection présidentielle", avait lancé François Fillon.

"Je m'en remets au seul jugement du suffrage universel"

Le 16 février, dans une interview au Figaro, François Fillon assure qu'il laisse aux électeurs la seule décision de son avenir politique, sous-entendant qu'il continuera à être candidat malgré une possible mise en examen, alors que le parquet national financier excluait tout classement sans suite de l'affaire d'emplois présumés fictifs.

Au micro de BFMTV, son avocat avait tenu le même discours:

"Il n'y a rien de nouveau, ni poursuite, ni mise en examen. Cela n'entame en rien ma détermination. […] J'entends plus que jamais porter le projet de redressement et de modernisation de la France, conformément au mandat qui m'a été donné par 4,4 millions de nos concitoyens. Je m'en remets donc désormais au seul jugement du suffrage universel", avait déclaré François Fillon au Figaro.

"Je serai convoqué afin d'être mis en examen (...) mais j'irai jusqu'au bout "

Ce mercredi 1er mars, François Fillon a annoncé qu'il allait être mis en examen dans deux semaines, quelques jours avant la limite de dépôt des parrainages. L'ancien Premier ministre a cependant assuré qu'il refusait de se retirer et maintenait sa candidature.

"Seul le suffrage universel, et non pas une procédure menée à charge, peut décider qui sera le prochain président de la République. Je ne céderai pas, je ne me rendrai pas, je ne me retirerai pas, j'irai jusqu'au bout", a-t-il réaffirmé.

Florian Huvier