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Hausse des contraventions, drones, quartiers interdits: les mesures du gouvernement contre les violences

Edouard Philippe ce lundi.

Edouard Philippe ce lundi. - BFMTV

Deux jours après les violences qui ont émaillé le 18e week-end de mobilisation des gilets jaunes, Edouard Philippe a détaillé un ensemble de mesures destinées à assurer le maintien de l'ordre public. Il en avait auparavant discuté avec le président de la République.

Le 18e samedi de manifestation des gilets jaunes a été marqué par une flambée de violences. Face à la résurgence des tensions, des réponses politiques étaient attendues au niveau sécuritaire. Ce lundi, le chef du gouvernement Edouard Philippe a longuement évoqué ces enjeux avec le président de la République. Revenu à l'hôtel Matignon en milieu d'après-midi, il a pris la parole face à la presse sur les coups de 17h pour détailler les dispositions retenues. 

Avant d'égrener les répliques gouvernementales, il a condamné des événements "intolérables", appelant une "réponse à la hauteur". Il a défendu la politique suivie en la matière par l'Etat ces dernières semaines: "Le gouvernement avait mis au point une nouvelle stratégie de maintien de l’ordre pour s’adapter à la violence. Des résultats avaient été observés dès la mi-décembre et les semaines suivantes". Ainsi, les débordements du week-end dernier ne seraient pas dues, selon lui, à la faillite de cette doctrine mais à son application défaillante: "Toutefois l’analyse des derniers événements montre que cette stratégie n’a pas été correctement exécutée". Il a pointé des "dysfonctionnements dans certains quartiers". 

Surveillance accrue 

Il en est alors venu à exposer la batterie de mesures mise au point. Deux d'entre elles ressortent particulièrement: le remplacement dès mercredi de Michel Delpuech par Didier Lallement, jusqu'alors préfet de la Gironde, à la tête de la Préfecture de Police de Paris, et l'interdiction de manifestation dans certains quartiers, ayant déjà connu des épisodes de violence lors des mobilisations précédentes, si des éléments "ultras" prévoyaient de s'y joindre.

Edouard Philippe a dressé une première liste de ces quartiers, dont le point commun est qu'ils sont peu habitués à être tenus pour sensibles en temps normal: les Champs-Elysées à Paris, le Capitole toulousain, et la Place Pey-Berland à Bordeaux. "Nous procéderons à la dispersion immédiate de tous les attroupements", a encore promis Edouard Philippe. 

Contravention à la hausse pour manifestation interdite 

Participer à un rassemblement interdit devrait, de surcroît, revenir bien plus cher: "J'ai demandé à la Garde des Sceaux d'augmenter très nettement la contravention encourue en cas de participation à une manifestation interdite", a posé le chef du gouvernement. Le montant passerait à 135 euros au lieu de 38 actuellement. 

Edouard Philippe s'est ensuite attaché à dessiner le renforcement de l'autonomie des forces de l'ordre sur le terrain. Il a commencé par expliquer que des détachements mobiles seraient constitués en "unités anticasseurs". Il a ensuite annoncé un "recours aux drones" et "l'utilisation de moyens vidéos" pour identifier les auteurs de violences et aider à la judiciarisation de leur dossier. Il a développé: "Nous sommes déterminés à utiliser tous les moyens juridiques disponibles". Cette perspective l'a amené à rappeler que l'entrée en vigueur de la loi anticasseurs s'accompagnerait de mesures comme le renforcement des contrôles à l’entrée des manifestations, des gardes à vue et poursuites contre les personnes dissimulant leur visage. 

Un plan de soutien pour les commerçants 

Son discours a aussi abordé le chapitre du préjudice causé aux commerçants dont l'enseigne aurait été endommagée à l'occasion d'un défilé: "Un plan de soutien a été décidé pour les commerçants, j’ai demandé qu’il soit renforcé." Edouard Philippe a achevé sur ce point en assurant que la "responsabilité financière des fauteurs de troubles" serait alors engagée. 

Robin Verner