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Hamon ou Macron: le PS éparpillé

Benoît Hamon, le 9 mars sur le plateau de l'Emission politique de France 2.

Benoît Hamon, le 9 mars sur le plateau de l'Emission politique de France 2. - GABRIEL BOUYS / AFP

Façon puzzle. Divisé entre Emmanuel Macron et Benoît Hamon, entre réformistes socio-libéraux et gauche "critique" des anciens frondeurs, le Parti socialiste est en passe d'exploser.

Le PS survivra-t-il à 2017? A l'issue du quinquennat du président de la synthèse, l'unité de façade des socialistes vole en éclats. Mercredi au Conseil des ministres, François Hollande lui-même a constaté l'échec de la primaire de la gauche à éteindre les divisions internes dans son camp. Au lieu de créer l'unité autour de son vainqueur, le scrutin a mis l'aile droite des socialistes devant ses contradictions: comment soutenir un candidat en rupture avec le "social-libéralisme" de François Hollande? Entre légitimisme politique et cohérence idéologique, les socialistes sont à l'heure du choix.

Hamon fédère frondeurs et gauche "sociétale"

Malgré les défections de plus en plus nombreuses des réformistes, le candidat vainqueur de la primaire de la gauche peut compter sur un noyau dur appartenant à une gauche "critique" du point de vue de l'économie libérale et de l'UE, également très attachée aux questions sociétales.

Le frondeur Arnaud Montebourg, l'ancien ministre Vincent Peillon, la ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem, l'ancienne garde des Sceaux Christiane Taubira ou les édiles Anne Hidalgo et Martine Aubry figurent parmi les soutiens de premier plan de Benoît Hamon.

En outre, Benoît Hamon peut encore compter, à condition d'épargner le bilan de François Hollande et de ménager les socialistes modérés, sur l'appui réservé du premier ministre Bernard Cazeneuve, qui s'est rendu jeudi à son QG de campagne.

Macron, la tentation des réformistes

Pour Emmanuel Macron, la moisson de socialistes est fructueuse: en plus du président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone, du ministre de la ville Patrick Kanner, de Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'Etat chargé du Développement (mais surtout ancien secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement), et de l'ancien maire de Paris Bertrand Delanoë, le leader d'En Marche! était en passe jeudi de se rallier un hollandais historique, en la personne du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.

D'autres pourraient suivre, et non des moindres: le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, la ministre de l'Environnement Ségolène Royal et, peut-être, plusieurs proches de Manuel Valls. Le disciple de Michel Rocard, malgré sa rivalité avec Emmanuel Macron, n'a-t-il pas lui-même théorisé l'existence de deux gauches "irréconciliables"? Le soutien - peu probable - de ce dernier à Emmanuel Macron acterait politiquement le divorce entre ces deux courants du PS.

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Benoît Hamon

Louis Nadau