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Macron s'inquiète de ralliements trop massifs venus du PS

Emmanuel Macron, le 8 mars 2017, à Paris.

Emmanuel Macron, le 8 mars 2017, à Paris. - Eric FEFERBERG / AFP

Emmanuel Macron continue d'engranger des ralliements de poids, venus du centre, de gauche et de droite. Mais en coulisses, le candidat d'En Marche! tente de garder la main pour ne pas perdre l'équilibre et trop pencher d'un côté de l'échiquier politique.

Les alliances et ralliements précédant une élection ne sont pas toujours exempts de maladresses ou de moments gênants. Ce jeudi, le mouvement d'Emmanuel Macron et une partie du PS se sont retrouvés pris dans un imbroglio. Le Figaro a publié un document émanant de l'aile droite du Parti socialiste, dans lequel les réformateurs appellent à voter pour le candidat d'En Marche!, tout en dénonçant les errements de la campagne de Benoît Hamon.

Les réformateurs, soutiens du gouvernement et de Manuel Valls, avaient déjà annoncé fin janvier leur refus de faire campagne pour Benoît Hamon, leur camarade frondeur et s'étaient mis "en retrait" de sa campagne. 

Pas de tribune mais des "démarches individuelles"

Ce jeudi, Le Figaro annonçait que cette tribune devait être publiée vendredi. Et Emmanuel Macron se retrouvait de facto avec plusieurs dizaines de socialistes en plus pour grossir ses rangs. Mais les choses ne sont pas si simples. Le document en question, un mail envoyé par le député de Paris Christophe Caresche, et co-signé avec Gilles Savary, député socialiste de Gironde, aurait "fuité".

Après un rétropédalage, Christophe Caresche a démenti auprès de nos confrères du Monde la publication "vendredi et dans les jours à venir" d'un appel des réformateurs du PS à soutenir Emmanuel Macron.

D'après nos informations, il n'y aura en effet aucun texte, aucune tribune, mais simplement des "démarches individuelles et étalées dans le temps". Cet étalement du calendrier serait un souhait du candidat d'En Marche!, pour qui le ralliement de nombreux socialistes en même temps ne serait pas forcément un cadeau.

Maintenir l'équilibre

L'enjeu est de taille pour Emmanuel Macron: si les ralliements de personnalités comme Bertrand Delanoë ou François Bayrou sont individuellement et symboliquement de bonnes nouvelles pour le candidat, trop de ralliements venus d'un côté ou de l'autre de l'échiquier politique pourraient devenir un poids. Le candidat doit s'assurer de maintenir un certain équilibre. Ainsi, alors que certains ministres et membres du PS envisagent d'annoncer leur soutien à l'ancien ministre de l'Economie, celui-ci "les priés de prendre la file d'attente et de patienter", note L'Opinion ce jeudi.

"Ils nous demandent de respecter son calendrier à lui, car Macron doit tenir les deux bouts de l'omelette", fait valoir un élu socialiste qui veut franchir le pas.

Le Drian sort du bois

L'entourage d'Emmanuel Macron tient aussi à assurer les éventuels prétendants qu'il n'y aura pas d'accords d'appareil en amont des législatives. Pour ses proches, la crédibilité du candidat est en jeu. Freiner l'afflux des ralliements socialistes permet aussi à Emmanuel Macron de contrer autant que possible les attaques de ses adversaires de droite et d'extrême-droite. François Fillon et Marine Le Pen le présentent en effet en héritier du hollandisme et du quinquennat.

Le nombre des soutiens socialistes à Emmanuel Macron n'est en tout cas pas près de désenfler, puisque comme nous le révélons ce jeudi après-midi, Jean-Yves Le Drian a décidé de franchir le pas, en annonçant à François Hollande sa volonté de rallier le candidat d'En Marche!.

Charlie Vandekerkhove avec le service politique de BFMTV