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Le camp Hamon compare le mouvement de Macron à l'UMPS

Benoît Hamon lors d'une conférence de presse à Paris le 7 novembre dernier.

Benoît Hamon lors d'une conférence de presse à Paris le 7 novembre dernier. - PHILIPPE LOPEZ - AFP

Débordés sur leur aile droite par Emmanuel Macron, Benoît Hamon et ses soutiens ripostent en accusant le leader d'En Marche! de donner corps à "l'UMPS" fustigé par le FN.

Il faut arrêter l'hémorragie chez Benoît Hamon: après le passage de Claude Bartolone et Bertrand Delanoë - en attendant Jean-Yves Le Drian, - dans le camp des soutiens d'Emmanuel Macron, couper court à la rhétorique du vote utile, faisant de l'ancien ministre de l'Economie le seul candidat capable de battre Marine Le Pen, est devenu une nécessité pour le vainqueur de la primaire de la gauche.

La contre-offensive médiatique des hamonistes a été lancée mercredi et ce jeudi, après un coup de semonce d'Arnaud Montebourg le 2 mars. Sur Europe 1, le perdant de la primaire avait lancé l'idée que le rassemblement transpartisan voulu par Emmanuel Macron alimentait la critique portée par le Front national.

Thème: "Il est en train de faire le programme de l’UMPS. (...) il y a un grave problème stratégique dans la candidature d'Emmanuel Macron." Variations, signées Vincent Peillon mercredi sur CNews: "Emmanuel Macron représente exactement ce 'ni droite ni gauche' qui depuis la fin du 19ème siècle est le thème majeur de l’extrême droite française"; puis Yannick Jadot, ex-candidat EELV rallié à Benoît Hamon, jeudi sur CNews: "Monsieur Macron n'est pas le rempart à Marine Le Pen aujourd'hui, il en est le marchepied."

Se réapproprier la peur du Front

Benoît Hamon lui-même, dans une longue interview parue jeudi dans Le Monde, reprend cette analyse: "[Emmanuel Macron] apparaît, aux yeux de beaucoup, comme un vote utile pour éviter Marine Le Pen. (...) Non seulement le vote Macron est inefficace pour faire baisser le FN, mais je pense même qu’il peut être un accélérateur. Qui ne voit pas le parallèle avec le face à face Clinton-Trump? Partout l’indifférenciation gauche-droite fabrique des courants nationalistes à vocation majoritaire."

De fait, les deux prétendants à l'Elysée se disputent le puissant ressort électoral qu'est le rejet du FN. La volonté de Benoît Hamon de s'afficher au côté du Premier ministre Bernard Cazeneuve, figure régalienne du quinquennat Hollande incarnant une forme de rigueur républicaine, se place dans sa stratégie d'apparaître comme le meilleur rempart contre Marine Le Pen. A l'issue de leur rencontre ce jeudi, le candidat socialiste saluait ainsi "la robustesse" du Premier ministre face "aux coups de boutoir de celles et ceux qui font le commerce de la peur".

Sans garantie cependant d'obtenir le soutien de la garde rapprochée de François Hollande face à Emmanuel Macron.

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Benoît Hamon

Louis Nadau