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Hamon et Mélenchon, fin du pacte de non-agression

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- - LIONEL BONAVENTURE / AFP

Les deux principaux candidats de la gauche, bien qu'ils n'aient pu trouver d'accord sur union, avait cependant convenu de ne pas s'attaquer. A moins d'un mois du premier tour, ce "gentlemen's agreement" semble caduc.

Julien Dray peut être satisfait: le socialiste, qui demandait de mettre fin au pacte de non-agression entre Benoît Hamon et la "majesté" Jean-Luc Mélenchon, semble avoir été entendu par le candidat de son parti... et par le camp de la France insoumise.

Alors que Jean-Luc Mélenchon passe à la quatrième place devant Benoît Hamon dans les sondages, les deux candidats de gauche, qui se disputent un électorat proche, multiplient les escarmouches. Sur Europe 1 vendredi, le socialiste haussait déjà le ton: "il y a une autre gauche qui renonce au pouvoir pour être de gauche et qui dit “dégagez tous”, avait-il lancé.

Fin du code de "bonne conduite"

Dimanche, Jean-Luc Mélenchon a pris acte, et répété sa position: "Il n'y a plus d'accord d'appareil possible avec moi. Ce n'est plus l'heure." Accusant Benoît Hamon de ne pas suivre le code de «bonne conduite» que les deux hommes s'étaient fixé, Jean-Luc Mélenchon a regretté la concurrence entre eux: «Il nous faudrait plutôt élargir ensemble notre socle politique.»

Une déclaration qui n'a pas, selon des propos rapportés ce lundi par Le Figaro, ralenti l'offensive du vainqueur de la primaire de la gauche: "Je ne suis pas obsédé par Jean-Luc Mélenchon, affirme-t-il, il est faible sur les questions européennes et internationales." Dimanche toujours, Benoît Hamon a, sur le plateau de France 2, estimé que Jean-Luc Mélenchon était victime d'une "fascination" pour Vladimir Poutine. 

Hamon contraint à l'attaque, Mélenchon pressé d'attendre

Ce lundi, Alexis Corbière, fidèle du leader de la France insoumise, a répliqué sur RTL: "Je connais très bien Benoît Hamon, il ne le pense pas. Nous ne sommes pas fascinés par Poutine, j'ai envie de dire à Benoît: 'calme-toi, bois une bonne petite tisane, fais ta campagne et de grâce respecte au moins l'accord que nous avions: pas de coups sous la ceinture'. Il est attaché à la parole donnée, qu'il respecte la sienne."

Si Benoît Hamon, compressé dans ce que Jean-Luc Mélenchon appelait "un casse-noix" entre lui et Emmanuel Macron, est contraint de prendre en chasse l'ancien ministre de Lionel Jospin, ce dernier a, au contraire, plus à perdre qu'à gagner dans un affrontement direct avec le socialiste. Porté par une bonne dynamique depuis le premier débat télévisé, Jean-Luc Mélenchon n'a qu'à "laisser faire", en se consacrant pleinement à la conquête de l'électorat indécis.

Louis Nadau