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Voies sur berge à Paris: l'embarras de Nicolas Hulot

Après que le premier adjoint à la mairie de Paris a assuré qu'Anne Hidalgo avait le soutien de Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique et solidaire s'est entretenu avec l'élue de la capitale sur l'épineux sujet de la piétonnisation des voies sur berge.

Situation délicate pour Nicolas Hulot sur le dossier des voies sur berge. Le ministre de la Transition écologique et solidaire s'est entretenu par téléphone avec Anne Hidalgo après la décision de justice qui a retoqué mercredi le projet de piétonnisation de la maire de Paris, selon Le Parisien.

"Pas vocation à nous exprimer sur une décision de justice"

Nicolas Hulot a invité l'élue de la capitale a formulé ses demandes par écrit. Son cabinet a cependant précisé au quotidien qu'il n'interviendrait pas sur le plan juridique. "Nous n'avons pas vocation à nous exprimer sur une décision de justice" et "nous respectons la séparation des pouvoirs". Tout en ajoutant être "toujours aux côtés de ceux qui agissent contre la pollution de l'air".

"Nous n'avons pas à nous prononcer sur la pertinence des mesures prises par les élus locaux mais nous serons très attentifs si la ville de Paris ou d'autres collectivités rencontrent des difficultés sur la mise en œuvre de leur politique de lutte contre la pollution", indique l'entourage du ministre.

Nicolas Hulot "soutient" Anne Hidalgo

Jeudi, Bruno Julliard, premier adjoint à la maire de Paris, a déclaré que la Ville avait le soutien du ministre de la Transition écologique et solidaire alors qu'Anne Hidalgo a décidé de faire appel de la décision du tribunal administratif.

"Après l'échange que nous avons eu hier soir (avec le préfet de police) nous avons de bons espoirs, et après l'échange surtout que la maire de Paris a eu longuement hier avec Nicolas Hulot qui la soutient dans cette perspective, de maintenir la piétonisation."

Mais vendredi, Sébastien Lecornu, secrétaire d'État rattaché au ministère de Nicolas Hulot, a nuancé ce soutien. "J'avais déjà eu l'occasion de dire publiquement que, sur la méthode, Anne Hidalgo, parfois, était un peu brutale et autoritaire, a-t-il dénoncé sur Europe 1. Lorsqu'on touche à ces questions, il faut savoir faire preuve d'écoute, de concertation et de pédagogie."

"La méthode n'est sans doute pas la bonne"

Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a fait la même analyse sur RMC. "L'objectif est le bon (...) La question, c'est la méthode. Et la méthode, elle, n'est sans doute pas la bonne, sur plusieurs points (...) Il faut concerter et sans doute plus en profondeur que ce qui a été fait, et surtout il faut parler aux territoires autour."

La mairie de Paris a désormais deux mois pour exécuter la décision du tribunal administratif. Toutefois, la Ville pourrait s'engager dans un bras de fer avec la justice en opposant le nouvel arrêté de piétonnisation qu'elle souhaite signer et ne pas rouvrir l'axe à la circulation.

C.H.A.