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Édouard Philippe

Le Premier ministre Édouard Philippe était l'invité de BFMTV ce mercredi soir. Il a répondu aux questions de Ruth Elkrief.

Invité exceptionnel du 19h Ruth Elkrief ce mercredi soir, Édouard Philippe a reconnu l'existence d'une "défaillance de sécurité" ce mardi dans l'Orne, où un détenu radicalisé et à sa compagne se sont attaqués à deux surveillants de la prison de Condé-sur-Sarthe

"Il y a eu une défaillance, puisque le terroriste a utilisé un couteau en céramique", a admis le Premier ministre. "Nous allons faire en sorte que le niveau de contrôle de fouille, y compris des visiteurs, soit augmenté", a-t-il assuré.

Face à Ruth Elkrief, Édouard Philippe a défendu que le gouvernement (était) "en train de doter la justice et le monde pénitentiaire de moyens supplémentaires". "Nous voulons créer des quartiers étanches pour les détenus radicalisés", a encore soutenu le chef du gouvernement. 

  • Les jihadistes français "ont vocation à être jugés là-bas"

Concernant les jihadistes français "qui ont commis des crimes en Irak ou en Syrie, (ils) ont vocation à être jugés et punis là-bas. C'est ce qui se passe en Irak", a déclaré Édouard Philippe, réitérant sa ferme opposition à la peine de mort. "Nous ne faisons revenir personne", a-t-il insisté.

  • Gilets jaunes: "On n'a pas attendu l'ONU pour faire la lumière" sur les violences
"On a pas attendu" l'ONU "pour faire la lumière" sur les faits de violence qui ont émaillé les défilés des gilets jaunes, a affirmé le Premier ministre, après la demande des Nations Unies à la France d'une enquête approfondie".

"En France, on a un État de droit", a ajouté Édouard Philippe, estimant qu'"il faudra expliquer à Madame le Haut-Commissaire l'ensemble des faits d'extrême violence" notamment contre "les forces de l'ordre" ou les "biens publics". L'ONU a réclamé à la France une "enquête approfondie" sur les violences policières qui se seraient produites pendant les manifestations.

  • "Tout ce qui a été fait, que ça aille ou pas, j'assume tout"

"Je vais continuer", a lancé le chef du gouvernement à Ruth Elkrief, alors qu'elle l'interrogeait sur la crise des gilets jaunes qui dure depuis plus de trois mois en France. 

"Quand on est Premier ministre, on a l'habitude de prendre la responsabilité pour tout ce qui se passe dans le gouvernement et la charge de l'Etat", a-t-il déclaré à BFMTV. 

Depuis le début de la crise, "nous avons pris un certain nombre de décisions en terme de distribution de pouvoir d'achat, d'organisation de la façon dont nous allons distribuer ce pouvoir d'achat, en terme d'ordre public, de mobilisation des forces de l'ordre", a souligné le Premier ministre.

  • Le grand débat, "un succès en terme de mobilisation" 

Edouard Philippe a estimé que le grand débat national, lancé en janvier par l'exécutif pour répondre à la crise des gilets jaunes, avait été "un grand succès en terme de mobilisation".

Édouard Philippe a salué l'ensemble des forces politiques, qui selon lui "a fait preuve de responsabilité en appelant au calme et en veillant à ce que le débat démocratique ne soit pas teinté par cette violence". Il a expliqué que le grand débat avait été un succès parce que "l'ensemble de la classe politique l'(avait) laissé se développer" et avait "joué le jeu démocratique". 

  • "L'Europe est à la croisée des chemins"

Le Premier ministre a soutenu la tribune européenne publiée par Emmanuel Macron ce lundi, dans laquelle le chef de l'Etat plaide en faveur d'une "renaissance européenne".

"L'Europe est à la croisée des chemins, elle n'a jamais été aussi critiquée, jamais aussi nécessaire", a affirmé le chef du gouvernement. "On ne peut rien faire sans l'Europe à l'échelle mondiale", a soutenu Edouard Philippe, avant d'ajouter: "Si on veut être à la hauteur des enjeux avec la Chine, avec la Russie (...), avec les États-Unis, il faut le faire ensemble et ça ne veut pas forcément dire être d'accord avec tout ce que dit la Commission européenne".

  • Algérie: "aucune indifférence" mais "aucune ingérence"

Finalement, Édouard Philippe a été interrogé sur la crise politique qui traverse l'Algérie, depuis la candidature du président Abdelaziz Bouteflika pour un cinquième mandat présidentiel. La France n'a "aucune indifférence" envers la situation de l'Algérie, sa "voisine", mais ne veut se "livrer à aucune ingérence", a affirmé ce mercredi soir Edouard Philippe.

Paris est lié à l'Algérie "par un lien historique intense, complexe, passionné, mais incontestable", mais "l'Algérie est un pays souverain, c'est donc aux Algériens et aux Algériens seuls qu'il revient de prendre les décisions" pour leur avenir, a-t-il souligné dans cet entretien.

Jeanne Bulant