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Dans une tribune, Macron défend une "préférence européenne"

Emmanuel Macron au Conseil européen à Bruxelles le 29 juin 2018.

Emmanuel Macron au Conseil européen à Bruxelles le 29 juin 2018. - AFP

Dans cette tribune publiée dans les 28 pays de l'UE, le président français appelle à "une renaissance européenne" pour contrer le repli nationaliste et détaille son projet pour l'Europe.

C'est désormais officiel. La campagne des élections européennes est lancée. À deux mois et demi du scrutin, Emmanuel Macron a publié ce lundi soir une tribune dans laquelle il propose de "remettre à plat l'espace Schengen" et de mettre en garde contre les pièges du nationalisme et du statu quo", annonçant une "Conférence pour l'Europe" avant la fin de l'année 2019. 

La défense d'une "préférence européenne"

Dans cette tribune publiée dans des journaux des 28 pays européens y compris la Grande-Bretagne, le chef de l'État défend une "préférence européenne" et n'écarte pas "une révision des traités" européens.

"Nos frontières doivent aussi assurer une juste concurrence", estime Emmanuel Macron, appelant à "sanctionner ou interdire en Europe les entreprises qui portent atteinte à nos intérêts stratégiques et nos valeurs essentielles". 

Une "remise à plat de l'espace Schengen"

Par ailleurs, le président français propose de "remettre à plat l'espace Schengen" afin de rétablir "la liberté en sécurité". Il préconise "une police des frontières commune et un office européen de l'asile, des obligations strictes de contrôle, une solidarité européenne à laquelle chaque pays contribue, sous l'autorité d'un Conseil européen de sécurité intérieure (...) associant le Royaume-Uni" afin de préparer les "décisions collectives" de l'Union européenne dans le domaine de la défense..

Contrer le repli nationaliste et populiste

Emmanuel Macron y dit aussi vouloir interdire le financement des partis "par des puissances étrangères" et propose la création d'une "agence européenne de protection des démocraties", chargée de protéger les élections dans chaque Etat-membre des "cyberattaques" et "manipulations". "Nous devons bannir d'internet, par des règles européennes, tous les discours de haine et de violence", écrit-il.

"Le repli nationaliste ne propose rien", écrit le président français dans cette tribune, estimant que "ce piège menace toute l'Europe" et mettant en garde aussi contre "l'autre piège, celui du statu quo et de la résignation".

Pour répondre aux attentes des citoyens, le chef de l'Etat promet "une Conférence pour l'Europe" chargée de "proposer tous les changements nécessaires (...) sans tabou, pas même la révision des traités".

Une Europe "forte"

Au journal Le Monde, l'Élysée évoque déjà "la prise de parole la plus forte du président depuis la Sorbonne" en septembre 2017, lorsque Emmanuel Macron avait prononcé un discours enflammé sur son ambition de ranimer le projet d'intégration européenne.

Ce dimanche, Emmanuel Macron avait annoncé à la télévision italienne vouloir oeuvrer pour "une Europe forte, unie et souveraine", afin de mener la "contre-rhétorique" qui a mené au Brexit, et ainsi contrer le repli nationaliste et populiste qui gagne l'Europe ces derniers mois.

Mais pour l'heure, la liste La République en Marche/MoDem est toujours en phase de construction. Cette semaine toutefois, les choses se sont quelque peu clarifiées: la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, et sa collègue des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, seront vraisemblablement amenées à jouer un rôle important durant la campagne.

Jeanne Bulant