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Européennes: l'hypothèse Agnès Buzyn prend de l'ampleur

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn.

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn. - Ludovic Marin - AFP

La ministre des Solidarités et de la Santé jure n'avoir "rien demandé" à qui que ce soit s'agissant de la campagne, mais donne malgré tout sa vision de l'Europe.

Officiellement, il reste encore quelques réglages à faire. Pour l'heure, La République en marche n'est dotée ni de liste ni de programme pour les élections européennes. Un constat qui, les semaines de grand débat national s'accumulant, en a agacé plus d'un au sein de la majorité parlementaire. Mais des profils sont de plus en plus régulièrement cités pour mener la campagne au nom du parti présidentiel. 

Aux côtés du nom de Nathalie Loiseau, ministre des Affaires européennes très compétente et appréciée de la macronie, circule également celui d'Agnès Buzyn. Auprès de BFMTV, la ministre des Solidarités et de la Santé tente de donner le change: 

"Je n’ai pas réfléchi de cette façon-là, puisqu’on ne me l’a pas demandé. Je n’ai rien demandé!" Même topo lundi sur RTL, où l'intéressée à réduit l'évocation de son nom à de la "spéculation" journalistique

"Je suis une combattante"

Et pourtant. Sur l'Europe, Agnès Buzyn affirme avoir des convictions à défendre. "C'est un sujet majeur, un sujet d'avenir", estime-t-elle, avant d'ajouter: "On fait de la politique pour revendiquer ce qu'on est, ce qu'on pense."

Cette déclaration confirme, a minima, l'envie de la ministre de s'ancrer dans le paysage politique. Sans oublier de complimenter Nathalie Loiseau, qui "connaît merveilleusement ses sujets". "Elle est parfaite, extrêmement brillante", ajoute-t-elle à propos de sa collègue du gouvernement.

"Je suis une combattante, je ne me défile pas face aux combats", prend toutefois la peine de signaler Agnès Buzyn, regrettant qu'Emmanuel Macron ait "été trop seul face à l'adversité" sur la question européenne

"Construction d'un humanisme européen"

Au point de quitter l'immense paquebot que représente le ministère de la Santé et les dossiers qui vont avec? Le 18 mars, Agnès Buzyn va défendre sa loi Santé à l'Assemblée nationale ; une échéance qui, selon ses dires sur RTL, lui tient beaucoup à cœur. Doivent ensuite venir un projet de loi bioéthique et le texte sur la PMA pour toutes. 

"Si on me le demande, c'est que l'on considère que l'Europe mérite que j'abandonne tout ça", esquive-t-elle auprès de BFMTV. 

Et la ministre de dérouler ses préconisations pour réenchanter le rêve européen: "Cette construction d'un humanisme européen va mettre du temps. C'est comme une cathédrale au Moyen-Âge. C'est un très beau projet pour les années à venir. La cathédrale du futur, c'est ce que les hommes sont capables de bâtir." Un propos qui sonne à s'y méprendre comme un slogan de campagne. 

La filiation Veil

Dans la majorité, l'hypothèse séduit. Agnès Buzyn "s'est métamorphosée depuis qu'elle a été nommée, elle a pris plus d'épaisseur", affirme une députée LaREM. D'autres établissent un parallèle avec Simone Veil, ministre de la Santé de 1974 à 1979, année où elle accepte de prendre la tête de la liste giscardienne. 

"Je ne peux pas ne pas faire le lien", glissait récemment à BFMTV.com un pilier de la majorité, d'après qui l'exécutif souhaite calquer, au moins en partie, sa campagne sur celle, triomphale, de l'UDF lors des toutes premières élections européennes.

Énième clin d'œil de l'histoire: Agnès Buzyn, en plus d'être également ministre de la Santé, a été un temps l'épouse de l'un des fils de Simone Veil.

Camille Langlade avec Jules Pecnard et Julia Van Aelst