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Christophe Castaner, un premier flic de France au CV haut en couleur

Christophe Castaner le 13 novembre 2017.

Christophe Castaner le 13 novembre 2017. - JOEL SAGET / AFP

Le tout nouveau ministre de l'Intérieur est entré en politique en 1986 avec le Parti socialiste. Trente ans plus tard, il a rejoint la campagne d'Emmanuel Macron, avant de se rendre peu à peu indispensable auprès de lui.

En devenant le premier flic de France à 52 ans, Christophe Castaner obtient à la fois une promotion et la reconnaissance, après des mois de loyaux services. En 2016, il avait été l'un des premiers à rejoindre Emmanuel Macron dans l'aventure En Marche, devenant son porte-parole pendant la campagne.

Après la présidentielle, il est resté au premier plan de la Macronie, en tant que secrétaire d'Etat en charge des Relations avec le Parlement, puis porte-parole du gouvernement, et ensuite délégué général de La République en marche. Celui qui se présente volontiers comme un "fan" d'Emmanuel Macron estime qu'en politique, il faut être "au bon endroit et au bon moment, sans forcément savoir ce que sera l'après". Et il faut croire que dans son cas, cela fonctionne.

Maire pendant 16 ans

Natif du Var, c'est au Parti socialiste que Christophe Castaner s'engage d'abord, 30 ans avant En Marche, en 1986. Rocardien de toujours, il dit s'être construit dans "l'enracinement local", lui qui a été député des Alpes-de-Haute-Provence dès 2012 et maire de Forcalquier pendant 16 ans. Une ville reprise à la droite sur les terres de sa femme, à quelques kilomètres de Manosque.

Député socialiste sans grande envergure, son nom avait émergé au soir du premier tour des élections régionales de 2015, lorsqu'il s'était résolu à jeter l'éponge pour faire barrage au Front national en région PACA. Christophe Castaner s'était alors estimé lâché par la direction du PS, un épisode qui marquera une rupture fondatrice: "Sans cela, je serais sans doute resté fidèle au parti", témoigne-t-il.

Des fréquentations "sur le fil du rasoir"

Fils de militaire, il a aussi été un adolescent rebelle, de son propre aveu, et un bachelier tardif, passant l'examen en candidat libre et l'obtenant au rattrapage, à l'âge de 20 ans, après deux années passées en dehors du domicile familial. A cette époque, Christophe Castaner a eu selon ses propres termes "de mauvaises fréquentations". "J'ai été sur le fil du rasoir", expliquait-il au JDD au mois de juin, dans un article illustré d'une photo de lui chemise ouverte, chaîne apparente et bouc au menton. Alors qu'il quittait tout juste l'adolescence, Christophe Castaner jouait alors au poker, et était proche d'un certain Christian Oraison, un caïd des Alpes-de-Haute-Provence qui était surnommé "le Grand Blond". "Oraison, c'était mon grand frère, mon protecteur. Il m'appelait l'étudiant", a reconnu Christophe Castaner au JDD. Un protecteur qui a été abattu de plusieurs balles au mois d'août 2008.

C'est sa petite amie du lycée, devenue sa femme, qui l'a incité à reprendre des études après cette parenthèse trouble. A la face de droit d'Aix, il obtient un DESS de juriste en affaires internationales, et plusieurs diplômes, de sciences pénales et criminologie, mais aussi en sciences politiques.

Il rejoint ensuite les Clubs Forum des jeunes rocardiens, où il croise Manuel Valls et Benoît Hamon notamment, et se lie avec Olivier Faure. "Je voulais sauver Rocard. Je trouvais qu'il était vraiment maltraité par certains au PS. Bon, ça n'a pas vraiment marché...", confiait-il à La Provence en 2015.

Incartade judiciaire en 1995

Comme l'a rapporté aussi le quotidien régional, le futur ministre a écopé d'une amende en 1995, alors qu'il était adjoint au directeur général des services à la mairie d'Avignon. Le maire sortant voulait sauver son poste aux municipales, et des militants socialistes, décidés à l'aider, avaient distribué une bande dessinée comportant une caricature pornographique de Marie-Josée Roig, candidate du RPR pour la mairie. Ironie du sort, c'est finalement la candidate de droite qui l'emportera. 

Aujourd'hui père de deux filles, Christophe Castaner admet "une part de mise en scène" dans son personnage et explique cacher sous ses cravates la chaîne en or offerte par sa mère. "Il a été perçu à Paris comme le kéké, le cacou, il ironise là-dessus", décrypte un de ses mentors, l'ex-ministre Jean-Louis Bianco. L'ancienne porte-parole du gouvernement de Lionel Jospin, Catherine Trautmann, garde quant à elle de son chef de cabinet le souvenir de quelqu'un de "très sérieux, loyal, attentif", armé de "self-control". 

Charlie Vandekerkhove avec AFP