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Ces signes qui montrent que Valls se prépare à remplacer Hollande

François Hollande et Manuel Valls, le 30 juin 2016.

François Hollande et Manuel Valls, le 30 juin 2016. - Stéphane de Sakutin - AFP

Le Premier ministre, habitué à jouer la carte de la loyauté envers François Hollande, a de plus en plus ostensiblement avancé ses pions en vue d'une éventuelle candidature à la présidentielle ces derniers jours. Sans encore franchir la ligne jaune.

Manuel Valls prêt à franchir le Rubicon? Le Premier ministre, d'ordinaire si loyal à François Hollande, semble ces derniers jours prendre clairement ses distances avec le président de la République, que d'aucuns jugent disqualifié pour 2017 depuis la publication par d'un livre de ses confessions par deux journalistes du Monde. Et afficher de plus en plus ostensiblement ses ambitions présidentielles. La preuve en cinq points.

> Il évoque sa "colère" après les confidences de Hollande

La publication d'Un président ne devrait pas dire ça..., le 12 octobre, a profondément ébranlé la majorité. Depuis, le chef de l'Etat n'en finit plus d'être attaqué dans son camp. Par son ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Par le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone. Par le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis... Et désormais même par son Premier ministre. 

Selon Le Monde daté de samedi, Manuel Valls a évoqué jeudi, dans un avion qui le conduisait à Bordeaux, sa "colère" personnelle à la lecture du livre de Gérard Davet et Fabrice Lhomme. Selon lui, l'ouvrage "a provoqué un choc, un abattement chez les parlementaires" socialistes, comme chez les militants, "il a agi comme un révélateur".

"C'est ce que je ressens, il ne faut pas se taire et toujours nommer les choses", a confié le chef du gouvernement.

Manuel Valls, cité par le quotidien du soir, a estimé que "le pays a besoin d'incarnation".

"A cause de la situation politique actuelle, j'ai le sentiment d'avoir une véritable responsabilité afin qu'on sorte le mieux possible de cette période très périlleuse", a-t-il encore confié. 

> Il va à la rencontre des militants

Contrairement à ses habitudes, le Premier ministre s'est rendu jeudi à Mérignac, en Gironde, devant 250 militants socialistes. Pour sonder le peuple de gauche en vue d'une éventuelle candidature? Lors de cet échange, il a appelé les militants à "compter sur (lui) pour la fierté et l'espoir" et a estimé que la question de savoir si François Hollande peut se représenter "existe".

"Je n'ignore rien de votre malaise. Qui sera candidat? Le président peut-il se représenter ? Ces questions existent, vous en discutez", a-t-il dit, selon Le Monde. "Il faut les résoudre et moi, comme Premier ministre, j'y prends ma part".

> Il parfait sa stature d'homme d'Etat en Afrique

Manuel Valls multiplie les déplacements de terrain. Il entame ce vendredi soir une tournée de quatre jours en Afrique qui le mènera au Togo, au Ghana puis en Côte d'Ivoire. L'occasion pour le locataire de Matignon de s’afficher sur la scène internationale et de construire son réseau diplomatique. Bref, de parfaire sa stature de possible chef d'Etat.

> Il élude quand on lui demande si Hollande est le candidat naturel

François Hollande est-il encore le "candidat naturel" de la gauche? Manuel Valls a éludé la question dans un long entretien à France Inter mercredi. 

"Ca, ça dépend de sa décision", a botté en touche le Premier ministre. "C'est une décision intime, il doit tenir compte de la situation, il doit donner un sens à ce que pourraient être sa candidature et un nouveau quinquennat", a-t-il poursuivi, défendant le bilan du quinquennat avec "fierté" sans fermer la porte à une candidature de sa part.

> Il appelle désormais au rassemblement de la gauche

Autre preuve de sa récente mue: Manuel Valls qui avait soutenu l'idée de "positions irréconciliables à gauche", a commencé à modérer ses discours et opérer un recentrage. Samedi dernier à Tours, il a lancé un appel au "rassemblement" de la gauche, et notamment à destination d'Arnaud Montebourg, de Benoît Hamon (ses futurs adversaires à la primaire de la gauche?) mais aussi d'Aurélie Filippetti et d'Emmanuel Macron, qui continue de tergiverser.

Manuel Valls, de son côté, semble de plus en plus déterminé à profiter du flou ambiant pour tirer les marrons du feu.

Violette Robinet