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Claude Bartolone ne cache plus son rejet de François Hollande

Le président de l'Assemblée nationale a boycotté le discours que François Hollande a prononcé au Louvre ce mercredi pour les commémorations du centième anniversaire de la naissance de François Mitterrand.

Il est furieux contre François Hollande depuis la publication d'Un président ne devrait pas dire ça..., et il le fait savoir. Ce mercredi, alors que le chef de l'Etat s'efforçait de reprendre l'initiative en célébrant le centième anniversaire de la naissance de François Mitterrand, le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone a boycotté son discours.

Le socialiste, quatrième personnage de l'Etat dans l'ordre protocolaire, s'est rendu dans l'après-midi au Louvre pour assister à cet hommage à l'ancien président, qui aurait eu cent ans aujourd'hui.

Mais il est est sorti de la salle au moment où François Hollande y entrait. Son entourage ne s'en est pas caché: Claude Bartolone ne voulait tout simplement pas assister à sa prise de parole même si Jean-Christophe Cambadélis, le patron du PS, a tenté par la suite de minimiser l'incident.

Un "problème d'incarnation" élyséenne

Depuis la publication des confidences de François Hollande à deux journalistes du Monde, qui ont plongé la majorité dans un profond embarras, Claude Bartolone s'oppose de plus en plus ouvertement au locataire de l'Elysée. Mardi, tout en plaidant, devant les députés PS réunis à huis clos, pour un rassemblement de la gauche face au "risque d'être zappée de la présidentielle", il s'est alarmé d'un "problème d'incarnation" de la fonction présidentielle.

Percevant dans ce livre "une hésitation", l'élu PS de Seine-Saint-Denis s'était déjà interrogé il y a dix jours sur la "volonté" de François Hollande de se représenter en 2017. 

"Je me pose des questions sur sa volonté. Une hésitation transparaît. Je lui ai fait part de ma stupéfaction. Il y a un grand besoin d'explication pour comprendre s'il veut vraiment être candidat", déclarait-il dans une interview à La Provence.  "Un président doit entretenir le feu sacré de la République", étrillait-il encore François Hollande. "Un président ne doit pas autant se confesser", a aussi ajouté Claude Bartolone qui envisage désormais une "distance" entre le chef de l'Etat et les Français.

"Pas un charisme considérable", selon Hollande

Claude Bartolone est personnellement visé - comme nombre d'autres personnalités politiques, y compris de gauche - dans Un président ne devrait pas dire ça... Selon les auteurs Gérard Davet et Fabrice Lhomme, François Hollande trouvait notamment que celui-ci n'avait "pas l'envergure" pour être Premier ministre et qu'il n'avait "pas un charisme considérable".

Le 6 octobre encore, Claude Bartolone déclarait sur France Inter qu'il "soutiendrait François Hollande s'il annonce sa candidature", estimant qu'il pouvait "se réinstaller" à l'Elysée. C'était juste avant que le séisme provoqué par les épanchements du président ne vienne fissurer encore un peu plus la majorité. 

Violette Robinet