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Avant l'épisode "pollution", Royal et Hidalgo s'étaient déjà opposées...

Anne Hidalgo et Ségolène Royal

Anne Hidalgo et Ségolène Royal - AFP

Ségolène Royal et Anne Hidalgo n'en sont pas, sur la question de la pollution à Paris, à leurs premiers échanges houleux. Il s'agit même du troisième en quelques mois...

Le torchon brûle entre la maire de Paris Anne Hidalgo et la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal. Jeudi, l'élue et la ministre se sont écharpées à propos de la pertinence - ou non - d'avoir recours à la circulation alternée à Paris et en Ile-de-France, vendredi en raison d'un pic de pollution.

Cette mesure, qui n'a été mise que deux fois en oeuvre dans Paris, est soumise à l'aval de l'Etat. Or, l'Etat a dit non. Et Ségolène Royal est depuis directement le viseur de la maire. "La santé des Parisiens ne se négocie pas. Je maintiens ma demande de mise en place de la circulation alternée", a twitté, colère, Anne Hidalgo, suivie par de nombreux élus écologistes de la ville ou par la députée EELV de Paris Cécile Duflot qui juge la décision "consternante".

"Beaucoup d'annonces, pas beaucoup de changements"

Dans la soirée, Ségolène Royal a répondu à la maire de Paris, estimant qu'il n'était "pas raisonnable d'imposer si vite cette galère à la banlieue", et qu'il fallait "demander d'abord aux Parisiens de prendre transports et bus électriques". Plus tôt, elle avait jugé "qu'il fallait que la Ville de Paris agisse de façon beaucoup plus déterminée, parce qu'il y a beaucoup d'annonces, on ne voit pas beaucoup de changements".

Mais ce week-end, Ségolène Royal et Anne Hidalgo ont poursuivi leur lutte à distance puisque la ministre avait d'abord lâchée du lest en annonçant que la question se reposerait pour la journée de lundi si l'épisode de pollution se poursuivait.

Et finalement c'est la maire de Paris qui a remporté la bataille puisque le "gouvernement", selon ses mots, a accédé à sa demande. La circulation sera donc alternée en Ile-de-France lundi.

Le précédent Roland-Garros

Entre Anne Hidalgo et Ségolène Royal ce n'est pas la première fois que les échanges sont tendus. Tout récemment, au sujet de l'extension du site du tournoi de tennis de Roland-Garros, les deux femmes politiques se sont opposées.

Favorable au projet d'extension au sein du Jardin des serres d'Auteuil, la mairie de Paris avait été contredite par la ministre de l'Ecologie qui avait commandé une contre-expertise pour un projet alternatif au-dessus de l'autoroute A13. Conséquence, Manuel Valls avait dû intervenir en faveur de Anne Hidalgo et reprendre le dossier de Matignon.

Mais la rancoeur est tenace entre les deux puisque en début de semaine dans les colonnes du Parisien, Anne Hidalgo moquait les propositions de Ségolène Royal:

La ministre "voulait que le tournoi de Roland-Garros se joue sur les pelouses de Jean-Bouin ou du Parc des Princes. Pour un tournoi de tennis de terre battue […] je lui ai dit que c'était un peu farfelu".

Et puis les feux de cheminée...

Autre exemple récent, la question des feux de cheminée à Paris. En décembre, Ségolène Royal avait fait annuler le décret qui les interdisait, porté par Anne Hidalgo.

La ministre considérait alors "cette écologie punitive" comme un "peu ridicule"...

S.A.