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Affaire Hulot: Schiappa sort de son silence et attaque l'article d'Ebdo

La secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes s'exprime pour la première fois depuis la parution d'un article accusant Nicolas Hulot de harcèlement sexuel.

Sa réaction était particulièrement attendue. Ce dimanche, Marlène Schiappa sort du silence. La secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes prend la plume dans le Journal du dimanche pour dénoncer l'article du magazine Ebdo sur Nicolas Hulot. Les auteurs de l'article y relaient les accusations de Pascale Mitterrand, dont l'anonymat a été brisé depuis la parution du magazine, qui affirme avoir été violée par le ministre de la Transition écologique en 1997.

"Je le trouve irresponsable, cet article. Quand j'entends sur un plateau de télévision l'une des auteurs dire solennellement qu'elle appelle les femmes victimes de viol, 'par lui ou un autre', à contacter la presse, je trouve cela abject", écrit Marlène Schiappa dans les colonnes du JDD.
"Cet appel est irresponsable pour les hommes accusés, peut-être innocents mais condamnés a priori par des articles, et pire: c'est irresponsable pour les réelles victimes de viols", qui doivent ainsi "supporter la médiatisation à l'extrême, le déballage de leur vie intime dans les journaux", dénonce la secrétaire d'Etat.

La secrétaire d'État considère que "parler d'une agression sexuelle pour la première fois doit pouvoir se faire dans un cadre sécurisé, pour le bien de la victime, auprès de personnes formées ou empathiques qui n'ont aucun intérêt personnel à l'orienter vers tel ou tel point". "De surcroît, comme je l'ai toujours dit, la justice se rend dans les tribunaux, pas les médias", ajoute-t-elle. "Je ne sais pas quelle cause sert" le magazine Ebdo, "mais ce n'est ni la crédibilité de la parole des femmes, ni la lutte contre les violences sexistes et sexuelles", estime-t-elle.

"Le gouvernement fait confiance à Nicolas Hulot"

Marlène Schiappa assure par ailleurs n'avoir pas été "contrainte au silence" ces derniers jours sur cette affaire, mais rappelle que le Premier ministre a "parlé au nom de tout le gouvernement en étant très clair: le gouvernement fait confiance à Nicolas Hulot".

C'est la deuxième fois que la secrétaire d'Etat doit prendre position, sur les accusations de viol dont font l'objet des membres du gouvernement. Lorsqu'une plainte pour viol a été déposée contre Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des comptes publics, elle avait d'abord botté en touche.

"Contrairement à ce qui est sous-entendu, je ne m'exprime pas publiquement sur 'tous' les sujets (...) Vous ne m'avez par exemple pas entendue prononcer un seul mot sur les accusations de viols de responsables politiques socialistes. Pour une raison simple: je crois que le viol est une affaire trop grave pour être instrumentalisée politiquement", déclare Marlène Schiappa.

Après la parution de l'article d'Ebdo, Pascale Mitterrand a regretté la médiatisation de l'affaire. Nicolas Hulot, lui, avait choisi de s'exprimer 24 heures avant la parution: sur BFMTV et RMC, il avait dénoncé des "rumeurs ignominieuses". Emmanuel Macron et Edouard Philippe l'avaient assuré de leur "soutien".
A. K. avec AFP