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1er-Mai: un test pour Macron, à l'aube de l'acte II de son quinquennat

Emmanuel Macron le 25 avril 2019

Emmanuel Macron le 25 avril 2019 - AFP

Cette fête du Travail 2019 survient moins d'une semaine après les annonces du chef de l'État censées sortir le pays d'une crise qui perdure depuis des mois.

Contrairement à l'année dernière, il sera aux premières loges. Mercredi, à l'occasion de la fête du Travail du 1er mai, Emmanuel Macron subira un véritable test. Moins d'une semaine après sa grande conférence de presse à l'Élysée, censée ouvrir le deuxième acte de son quinquennat, le chef de l'État pourra jauger, en direct, la pérennité du mouvement des gilets jaunes. Et, par là même, la capacité des black blocs à défier les forces de l'ordre. 

À l'issue des annonces présidentielles, quasiment toutes révélées par les médias en amont de la grand-messe de jeudi, les principales figures du mouvement les ont presque unanimement jugées insuffisantes. Ingrid Levavasseur, pourtant l'une des plus modérées, a prédit auprès du Figaro une "forte mobilisation" le 1er mai. 

"L'ordre doit revenir"

Durant sa conférence de presse, Emmanuel Macron a bien insisté sur le fait qu'il ne comptait définitivement plus s'adresser au noyau dur des manifestants. "L'ordre public doit revenir", tel a été son credo le peu de fois où il a fait directement référence aux gilets jaunes. Les derniers irréductibles, il les sait imperméables à son "en même temps", à presque toutes ses propositions. Plus question de leur faire de cadeaux, encore moins depuis que certains d'entre eux ont appelé, durant leur 23e samedi de mobilisation, les policiers à se "suicider"

"Ce mouvement a (...) été récupéré, nous l'avons tous vu, par les violences de la société. L'antisémitisme, l'homophobie, les attaques contre les institutions, les journalistes parfois, les forces de l'ordre", a fustigé le président de la République, sans pour autant récuser certaines attentes profondes à la racine dudit mouvement.

Cette rebuffade fait inévitablement monter les enchères. Tout l'enjeu, pour Emmanuel Macron, sera de montrer qu'il peut retrouver les rênes du pays.

L'entre-deux du chef de l'État - rejeter les "ultra-jaunes" sans nier les demandes populaires - ne semble pas avoir démobilisé les gilets jaunes les plus déterminés. Plusieurs groupes Facebook de gilets jaunes appellent au rassemblement, certains ne précisant pas de lieu de ralliement particulier, d'autres, plus modestes, visent à rejoindre les cortèges syndicaux. 

Castaner sur le gril

Le danger vient néanmoins davantage des black blocs, décidés à en découdre coûte que coûte avec les forces de l'ordre et, derrière elles, l'exécutif. Il y a un an, les événements du 1er-Mai s'étaient soldés par de violents affrontements dans le quartier de la gare d'Austerlitz, où un McDonald's avait été saccagé. Au total, 1200 black blocs s'étaient infiltrés dans le principal cortège de manifestants. 

Ils défieront Emmanuel Macron, mais ils défieront plus particulièrement encore son ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, qui depuis sa nomination au poste n'a fait qu'enchaîner les périodes de crise.

S'appuyant sur son ministre délégué à la sécurité, Laurent Nuñez, et son nouveau préfet de police de Paris, Didier Lallement, le locataire de la place Beauvau devra montrer sa capacité à faire régner l'ordre. Et ce à l'occasion d'un 1er-Mai où convergeront trois forces protestataires. Car oui, fête du Travail oblige, la plupart des centrales syndicales seront au rendez-vous pour dénoncer la politique économique et sociale mise en œuvre par le gouvernement.

À Paris, leur cortège sera une cible de choix pour des black blocs rodés aux tactiques d'infiltration. Pour limiter la casse, près 3000 CRS seront déployés pour assurer l'ordre. Sous les yeux attentifs d'Emmanuel Macron. 

Jules Pecnard