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Gilets jaunes: pour Griveaux, des personnes viennent "pour casser, piller, brûler, frapper voire tuer"

Benjamin Griveaux à la sortie du Conseil des ministres le 30 janvier 2019.

Benjamin Griveaux à la sortie du Conseil des ministres le 30 janvier 2019. - Ludovic Marin - POOL - AFP

Interrogé sur une déclaration d'Emmanuel Macron, Benjamin Griveaux a dénoncé avec virulence la violence de certaines personnes dans les manifestations des gilets jaunes, présentes selon lui "pour casser, piller brûler frapper voire tuer", des forces de l'ordre.

Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, a réagi mercredi en conférence de presse à la phrase lancée mardi soir par Emmanuel Macron: "Il faut maintenant dire que lorsqu'on va dans des manifestations violentes, on est complice du pire", avait déclaré le président de la République dans le cadre d'un débat avec les élus du Grand Est, à l'Elysée.

Pour le président, il s'agit pour les gilets jaunes d'être "clairs" après 15 samedis de manifestations, qui ont parfois dégénéré en heurts avec les forces de l'ordre. "Il n'y a pas toujours eu cette clarté", a-t-il regretté.

"Le président de la République a dit hier ce que beaucoup d'élus locaux lui disent, mais ce qui suscite moins d'émoi quand ce sont des élus locaux qui le disent", a commencé par déclarer le porte-parole, avant d'ajouter: "Il y a dans notre pays une liberté fondamentale qui est celle de pouvoir manifester. Il y a face à cette liberté une autre liberté importante qui est le respect de l'ordre républicain et de l'ordre public".

"Casser, piller, brûler frapper voire tuer"

Après avoir assuré qu'il savait que certaines manifestations se déroulaient sans encombre, Benjamin Griveaux a fustigé les dégradations commises dans plusieurs villes dont Paris, Bordeaux, ou encore Saint-Étienne, où, selon lui, des personnes se rendent aux manifestations "avec un seul objectif: casser, piller, voler, brûler, violenter, pour ne pas dire tuer, des représentants de l'ordre public".

Cette énumération de faits punissables, dont le meurtre, a été répétée à plusieurs reprises dans son discours:

Une deuxième fois pour caractériser les personnes visées par la loi "anticasseurs": "Nous avons pris un texte à l'Assemblée nationale (...) pour pouvoir limiter en amont la participation à ces manifestations des personnes sur lesquelles on a des raisons de penser qu'elles auront un comportement violent, ou qu'elles se rendent à ces manifestations non pas pour revendiquer, mais pour casser, piller, brûler, frapper, voire tuer."

Une troisième fois pour pointer du doigt les black blocs des manifestations du 1er mai dernier, sans la mention de "tuer" cette fois: "Nous avions eu le 1er mai dans les rues de Paris avec l'émergence du phénomène des black blocs, avec des centaines de black blocs qui étaient là pour casser, pour piller, pour voler, pour frapper, et pour contester l'autorité de la République."

"Faire respecter l'ordre républicain"

"Est-ce qu'il y aura zéro comportement de cette nature? Malheureusement non", déclare Benjamin Griveaux. Il assure qu'il est "urgent" que le texte de loi contre les casseurs dans les manifestations s'applique.

Le porte-parole a tenu à rappeler ensuite que les casseurs "trouveront en face d'eux chaque weekend, des forces de l'ordre extrêmement déterminées à faire respecter l'ordre républicain. Ils trouveront aussi une institution judiciaire qui identifie, qui poursuit et qui condamne très fermement ceux qui se livrent à ces violences qui sont inadmissibles dans l'espace public".

Salomé Vincendon