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Gérard Larcher dézingue la réforme des retraites, "marquée par une faute originelle"

Gérard Larcher lors d'un meeting pour la reconstruction de la droite et du centre à Valenciennes, le 21 juin 2019

Gérard Larcher lors d'un meeting pour la reconstruction de la droite et du centre à Valenciennes, le 21 juin 2019 - FRANCOIS LO PRESTI / AFP

Jeudi, le deuxième personnage de l'État n'avait pas de mots assez durs pour condamner le contenu de la réforme des retraites comme la méthode du gouvernement.

Traditionnellement, les vœux des responsables politiques sont une opportunité pour ceux qui les prononcent de régler des comptes ou faire passer des messages. Sibyllins ou clairement affichés. En se pliant à l'exercice jeudi face à l'Association des journalistes parlementaires, Gérard Larcher ne s'est pas embarrassé de détours pour tirer à boulets rouges sur l'exécutif.

La réforme des retraites? "Elle est marquée par une faute originelle", a taclé le président Les Républicains (LR) du Sénat selon des propos rapportés par l'Agence France-Presse (AFP). Une faute qui résiderait dans le fait de "ne pas assurer l'équilibre financier des régimes, gages de la confiance de nos concitoyens dans la pérennité du système", a accusé le sénateur des Yvelines, cite Le Parisien.

"On ne fait pas joujou avec l'agenda"

"On n'a pas de blocage sur le système à points" et "la réforme est indispensable" mais avec "14% du PIB" en jeu, "on ne fait pas joujou avec l'agenda", juge sévèrement l'élu, qui a l'exécutif dans le collimateur depuis la présentation du projet de révision constitutionnelle, projet cher à Emmanuel Macron qui semble aujourd'hui en sommeil.

"L'équilibre financier est le gage de la confiance de nos concitoyens dans la pérennité du système", a-t-il également mis en garde.

Opposition frontale

"Le président a créé la défiance de l'opinion en introduisant un âge pivot qui n'est qu'un habillage du recul de l'âge légal", a pointé Larcher, estimant que "les Français ont compris qu'on ne leur disait pas la vérité".

La réforme est "vidée de son contenu", aux yeux du même. Le gouvernement a "tellement accordé aux régimes spéciaux que seul le nom a disparu", il "fait du catégoriel" et "l'universalité en a pris un sacré coup, l'équité aussi". À noter que les sénateurs, à l'instar des députés, jouissent eux-mêmes d'un régime spécial de retraite propre.

"Les Français sont passés en un an du scepticisme à la défiance", analyse Gérard Larcher, qui a glissé, non sans ironie, son diagnostic: "Nous étions à l'aube d'un nouveau monde... et le soleil ne s'est pas encore levé."

En l'état, le passage de la réforme des retraites au Sénat, prévu en première lecture en avril ou en mai selon le président du Sénat, promet de faire des étincelles.

Clarisse Martin avec AFP