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Galaxie Macron: qui sont ses soutiens?

La démission du ministre de l'Économie, mardi 30 août, devrait lui permettre de se consacrer à son mouvement "En marche!", qu'il avait fondé avec l'aide de sa garde rapprochée. Car Emmanuel Macron compte parmi ses soutiens des politiques, mais surtout des chefs d'entreprises qui nourrissent de grandes ambitions.

A 38 ans, Emmanuel Macron a déjà eu plusieurs vies. Enarque, conseiller du philosophe Paul Ricoeur, ancien banquier d'affaires, ministre... Des casquettes multiples qui lui permettent aujourd'hui d'accumuler des soutiens venus aussi bien des sphères économiques que politiques. Avec le mouvement "En marche!", lancé en avril dernier, certains d'entre eux espèrent le porter jusqu'aux marches de l'Elysée.

Patrons et financiers

Emmanuel Macron revendique sa proximité avec les chefs d'entreprises. Parmi ceux qui croient le plus en lui, Henry Hermand, un patron ayant fait fortune dans la grande distribution et contributeur des groupes de réflexion La République des idées, et Terranova. "Il n'a jamais pris une décision importante sans m'en parler", confiait-il au Monde en novembre dernier. Il espérait déjà qu'Emmanuel Macron se lancerait en fondant un parti: "Comme une tendance du PS, puis on portera la candidature de Macron à la présidentielle", souhaitait-il.

"Beaucoup d'amis d'Emmanuel Macron souhaitent qu'il ait un destin politique", appuyait également en mars Jean Peyrelevade sur France 2. Avec le ministre de l'Economie, cet industriel, ancien patron du Crédit Lyonnais, disait vouloir oublier "les échéances immédiates. Nous sommes avec lui dans un mouvement nécessairement plus long, donc beaucoup plus fort". 

D'autres chefs d'entreprise affichent leur soutien au ministre de l'Economie. C'est le cas de Marc Simoncini, fondateur et patron du site de rencontres Meetic. Visiblement dans la confidence, avant la soirée de lancement du mouvement d'Emmanuel Macron, il écrivait sur Twitter: "Notre système est à bout de souffle il est temps de mettre la société civile au coeur du débat et la France en mouvement...", prévenant ses followers de "rester à l'écoute" avec le hastag #staytuned. 

Emmanuel Macron a aussi tiré de la commission Attali, dont il était le rapporteur adjoint en 2008, un carnet d'adresses de chefs d'entreprises. Il y a notamment rencontré Geoffroy Roux de Bézieux, vice-président du Medef, ainsi que Claude Bébéar, le créateur d'Axa et de l'Institut Montaigne. Un institut dont la proximité avec le ministre s'est aussi illustrée ce jeudi. Confirmant une information de Mediapart, "En marche!" a indiqué à l'AFP que l'adresse légale du mouvement avait été déposée au nom de l'épouse du directeur de l'institut, Laurent Bigorgne, "une amie personnelle d'Emmanuel Macron". 

Des soutiens parlementaires et politiques

En annonçant la création de son mouvement à Amiens, d'où il est originaire, Emmanuel Macron a voulu marquer un ancrage territorial. N'ayant encore jamais été élu, il ne dispose pas de fief politique. Il peut toutefois compter sur quelques élus régionaux. 

Parmi les premiers à avoir rejoint son nouveau mouvement, Pascal Terrasse. Le député PS de l'Ardèche confiait dans Le Point que l'idée de former "un club de réflexion" avait germé en septembre. Emmanuel Macron "recevait régulièrement des gens, des jeunes des élus locaux etc. qui lui demandaient de faire quelque chose". Au Scan, il disait espérer que vingt à trente parlementaires rejoignent à leur tour le mouvement.

Le député PS du Finistère Richard Ferrand a lui aussi rejoint ce mouvement. Rapporteur de la loi Macron à l'Assemblée, il plaide dans Ouest France pour une "nouvelle offre politique". "Nous avons des valeurs de fond. Notre but est de créer quelque chose qui n'existe pas. Les partis politiques n'attirent plus les citoyens", constate-t-il. 

Parmi les proches d'Emmanuel Macron, on compte aussi Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire général de l'Elysée. "L'ami de toujours", écrivait Libération lors de la nomination d'Emmanuel Macron en 2012, a contribué à son rapprochement avec François Hollande avant la primaire socialiste. 

"Les jeunes avec Macron"

Emmanuel Macron peut aussi compter sur un collectif de soutien baptisé "Les Jeunes avec Macron". Le 12 mars dernier, ce groupe qui revendique plus de 3.000 adhérents a lancé le think tank "La gauche libre". Derrière cette nouvelle structure, la volonté de porter les idées du ministre de l'Economie, visage du "renouvellement en politique".

Carole Blanchard