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Oral de rattrapage pour Marine Le Pen après l'échec du débat

La présidente du Front national Marine Le Pen, lors des questions au gouvernement le 17 octobre 2017, à l'Assemblée à Paris.

La présidente du Front national Marine Le Pen, lors des questions au gouvernement le 17 octobre 2017, à l'Assemblée à Paris. - Patrick Kovarik - AFP

Pour sa première grande émission de télévision depuis la campagne présidentielle, Marine Le Pen fera face au ministre de l'Action et des comptes publics Gérald Darmanin. Un choix qui n'a pas été aisé, tant les politiques se sont dérobés au fil des invitations.

C'est son premier grand test télévisé après le débat présidentiel d’entre-deux-tours. Ce jeudi soir, Marine Le Pen est l’invitée de l'Emission politique sur France 2. La présidente du Front national est attendue au tournant, tant sa prestation à l’ultime débat de la campagne présidentielle avait fait couler d’encre, autant du côté de ses partisans comme de ses détracteurs. L'ex-candidate elle-même avait admis que le débat avait été "raté" et reconnu "une préparation qui n’était pas suffisante".

Seulement la chaîne publique a peiné à trouver pour débattre avec Marine Le Pen. Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a avancé des "raisons d’agenda" pour esquiver, révélait Le Figaro mercredi. Benjamin Griveaux a également décliné l’invitation, tout comme Manuel Valls.

Il "ne veut pas être l’invité qui arrive à 22h-22h20 sur le plateau", remarque l’entourage du Premier ministre dans les colonnes du Parisien. Le président LR des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, ne sera pas non plus de la partie, tout "concentré sur sa tâche à la région" qu’il est, l’excuse un proche cité par le quotidien.

Laurent Wauquiez avait confirmé la semaine dernière déjà qu’il ne ferait pas face à la présidente du Front national ce jeudi soir : "Je le ferai avec un grand plaisir ce débat mais pas maintenant. Elle l’aura son rendez-vous mais quand j’aurai les clés de la boutique", avait déclaré le candidat à la présidence LR dans Paris Match.

"Peut-être craignent-ils d'apparaître comme ceux qui auront remis en selle Marine Le Pen", tance dans Le Figaro Sébastien Chenu, député frontiste du Nord et conseiller de l’ex-candidate à la présidentielle.

"Personne ne voulait venir!"

"Aujourd'hui, Marine Le Pen, c'est une has been. Débattre avec elle, cela n’a aucun intérêt politique", estime quant à lui un politique, sous couvert d’anonymat, dans Le Parisien.

"Personne ne voulait venir!", concède même l’intéressée dans L'Opinion. Ce sera finalement Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des comptes publics, qui débattra ce jeudi soir avec Marine Le Pen, visiblement peu satisfaite du choix: "Il représente qui? Les Républicains? En Marche? Ni l’un ni l’autre? Je ne sais pas avec qui je débats", critique-t-elle dans le journal.

Elle a eu l’occasion de côtoyer Gérald Darmanin au conseil régional des Hauts-de-France, où elle l’avait jugé "extrêmement arrogant". L’échange promet d’être vif: cet été à l’Assemblée, la députée frontiste avait traité le ministre de "Judas", ce à quoi l’invectivé avait rétorqué: "Oh, à la différence de vous, madame Le Pen, Judas restera dans l'Histoire".

Liv Audigane