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Sortir de l'euro n'est plus la priorité de Marine Le Pen

Marine Le Pen

Marine Le Pen - AFP

Dans des confidences à Valeurs actuelles, Marine Le Pen revient aussi sur le départ de Florian Philippot, chantre de la sortie de l'euro.

Il n'a fallu que quelques semaines pour que Marine Le Pen prenne ses distances avec le point de non-retour brandi longtemps par son ex bras droit Florian Philippot. Le Vice-président du FN éjecté, la présidente du parti estime désormais que "dans de nombreux domaines, on peut améliorer la vie quotidienne des Français sans quitter l'Europe ni l'euro". 

C'est un vraiment tournant politique au Front national. Fin mars sur Europe 1, Marine Le Pen disait encore que sans ces deux mesures, "70% de (son) projet ne pourrait être mis en oeuvre". Un changement de cap déjà exposé sur BFMTV début septembre:

"Dans le cadre de la restitution de nos souverainetés au peuple français, nous avons dit que la souveraineté monétaire clôturerait le processus. Donc nous avons inversé en quelque sorte le sens des priorités. Ce n’est plus un préalable, parce que nous avons entendu les Français".

Marine Le Pen ne fait plus non plus un "préalable" de cette sortie de l'euro et de l'UE, rappelant son souhait affirmé début octobre au Futuroscope à Poitiers de constituer une "Union des nations européennes".

Dans Valeurs actuelles, la députée du Pas-de-Calais cite l'éducation, la sécurité, les impôts, la défense des TPE-PME, mais aussi "les barrières non tarifaires et la sortie de Schengen" qui nécessite un "bras de fer" avec Bruxelles mais pas une rupture.

L'explication de l'échec de 2017

Pour plusieurs dirigeants frontistes, son compagnon Louis Aliot en tête comme sa nièce Marion Maréchal-Le Pen, cette position sur l'euro a contribué au large échec de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle face à Emmanuel Macron.

Ces élus frontistes historiques ont assez vite ciblé Florian Philippot comme responsable de cette ligne anti-euro. Un duel inévitable que Marine Le Pen admet: "Si Florian Philippot était resté, le congrès prévu les 10-11 mars à Lille "aurait tourné au bain de sang" alors que la "refondation" du FN désormais se "prépare dans la sérénité".

L'ancien vice-président, que certains voyaient comme "gourou" de Marine Le Pen, ce qu'elle démentait, avait selon elle "fini par verrouiller la communication et trier ceux qui avaient le droit ou pas de s'exprimer".

Mi-juillet, lors d'un séminaire, le FN a acté une évolution: "retrouver" la "souveraineté monétaire (fin de la monnaie unique)" se ferait désormais à la fin d'un éventuel quinquennat, après les autres souverainetés "territoriale, économique et législative".

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Samuel Auffray avec AFP