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La droite revigorée par la prestation de Le Pen au débat d’entre-deux-tours

François Baroin, chef de file de LR pour les législatives.

François Baroin, chef de file de LR pour les législatives. - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT - AFP

Les ténors des Républicains parient sur l’étiolement de la dynamique frontiste pour le scrutin des législatives.

"Madame Le Pen, très franchement, je croyais qu’elle avait plus de propositions que cela. Et finalement, j’ai vu ce vide-là et je me suis dit: 'ça, c’est une opportunité'. Elle dénonce les problèmes mais comme elle n’apporte pas de solutions, nous avons un espace pour apporter des solutions".

L’analyse de Jean-Pierre Raffarin au micro de BFMTV-RMC ce vendredi matin traduit bien le nouvel état d’esprit de la droite après le duel télévisé qui a opposé Emmanuel Macron et Marine Le Pen mercredi.

A l’instar de l’ancien Premier ministre, les cadres de LR se sont emparés de la prestation de la candidate du FN, jugée sévèrement jusque dans son propre camp, pour reprendre la main dans la perspective des législatives.

Certes, le parti de droite n’a pas attendu la veille du deuxième tour pour entonner le refrain de la "cohabitation". "Je souhaite que nous ayons, aux législatives, une majorité qui puisse faire contre-poids aux excès que pourrait avoir monsieur Macron", expliquait le même Jean-Pierre Raffarin le 23 avril, au lendemain de l’élimination de François Fillon de la course à l’Elysée.

Mais après le débat d’entre-deux-tours, la droite a cette fois mis l’accent sur l’incapacité supposée du mouvement frontiste à gouverner pour convaincre les électeurs de lui donner la victoire à l’Assemblée nationale.

Marine Le Pen a "explosé en vol"

Interrogé par BFMTV sur son verdict au lendemain de l’émission, Bernard Debré a jugé que Marine Le Pen avait "explosé en vol" face à son adversaire. "Elle qui voulait avoir une image plus douce, plus agréable, elle a totalement raté", a ironisé le député de Paris.

Même Nadine Morano, pourtant pas suspecte d’indulgence vis-à-vis d’Emmanuel Macron, a concentré ses attaques sur la candidate du FN. Sur le plateau de Franceinfo jeudi, l’eurodéputée a estimé:

"C’est un exercice qui a le mérite de montrer ce qu’est la réalité du Front national. Marine Le Pen, dès les deux premières minutes, a été dans l’invective et l’incapacité à porter un projet (…). Ses imprécisions étaient aussi épaisses que les dossiers qu’elle avait devant elle".

De nombreux duels FN-LR à l'horizon

François Baroin, de son côté, prédit déjà un coup d’arrêt à la dynamique frontiste. Dans les colonnes de L’Opinion ce vendredi, le chef de file de la droite et du centre pour la campagne des législatives a pronostiqué:

"Avec le débat, Marine Le Pen a perdu beaucoup de points dans notre électorat. On doit les récupérer sans grande difficulté".

L’insistance de la droite à cibler le Front national n’apparaît pas anodine. Si Les Républicains comptent sur l’éclatement du paysage politique pour prendre leur revanche au scrutin des 11 et 18 juin, de bons scores frontistes pourraient anéantir cet espoir.

Selon un sondage OpinionWay paru mercredi, En Marche! sortirait vainqueur des législatives et la droite se retrouverait en duel face au FN dans 154 circonscriptions au second tour.

Ghislain de Violet