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Un sondage prédit une majorité pour Macron aux législatives

Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron. - ERIC FEFERBERG / POOL / AFP

Selon un sondage OpinionWay-SLPV analytics, Emmanuel Macron élu pourrait disposer de la majorité absolue à l'Assemblée nationale.

C'est l'une, sinon LA grande inconnue en cas de victoire d'Emmanuel Macron le 7 mai: disposera-t-il en juin d'une majorité pour gouverner? Oui, et peut-être même d'une majorité absolue, répond un sondage OpinionWay - SLPV analytics pour Les Échos et Radio Classique. 

En Marche! majoritaire, la droite encaisse, la gauche coule

Selon cette étude, qui porte sur 535 circonscriptions métropolitaines (Corse exceptée) sur les 577 en jeu les 11 et 18 juin, En Marche! pourrait obtenir entre 249 à 286 sièges à l'Assemblée nationale. Avec les circonscriptions d'Outre-mer et celles des Français de l'étranger, le jeune mouvement d'Emmanuel Macron - qui devrait d'ici là changer de nom et se muer en parti traditionnel, pourrait atteindre la barre des 290 sièges, synonyme de majorité absolue.

Toujours selon cette projection, la droite, sans accéder à son rêve de cohabitation, limiterait largement les dégâts après sa défaite à l'élection présidentielle, décrochant entre 200 et 210 députations (LR et UDI confondus). Le Front national serait quant à lui toujours confronté à un plafond de verre au second tour, mais en mesure de former un groupe au palais Bourbon allant de 15 à 25 députés. Enfin, la gauche serait la grande perdante de ce scrutin: le Parti socialiste pourrait enregistrer le pire résultat de son histoire (de 28 à 42 députés, sous le score catastrophique de 1993). La gauche radicale, malgré le score de Jean-Luc Mélenchon au premier tour, n'est quant à elle créditée que de 6 à 8 sièges.

Composition de l'Assemblée selon la moyenne des projections de l'étude.
Composition de l'Assemblée selon la moyenne des projections de l'étude. © Infographie BFMTV.

Offre politique éclatée

L'étude met en évidence le bouleversement de la vie politique française à l'œuvre en 2017: dans la continuité du premier tour de l'élection présidentielle, les législatives acteraient la fin de la bipartition gauche-droite classique. Les duels de second tour, dont 420 opposaient des candidats du PS et de l'UMP en 2012, seraient cette fois-ci beaucoup plus imprévisibles. 

90 à 116 duels opposeraient En Marche! (EM) et le Front national (FN), 180 placeraient face à face EM et la droite, 46 EM et la gauche, 154 la droite et le FN, et 6 à 32 duels verraient s'affronter la gauche et le FN. "De ce point de vue, les législatives seront cette année encore, comme c'est le cas depuis le passage au quinquennat, une réplique de la présidentielle", prévoit l'étude, sans faire grand cas des 19,5% de Jean-Luc Mélenchon. 

L'étude prévoit par ailleurs une trentaine de triangulaires. Un chiffre étonnamment bas étant donné, d'une part, que les scores de premier tour de la présidentielle peuvent laisser espérer à plus de deux candidats par circonscription d'atteindre la barre des 12,5% des inscrits et, d'autre part, que la logique du front républicain ne semble plus prévaloir, ni pour une partie de la droite, ni pour la France insoumise.

Une projection conditionnée

Il faut souligner que la méthodologie de cette étude invite à la prudence. Cette projection repose sur "des enquêtes nationales d'intentions de vote au premier tour de l'élection législative", réalisées non par candidats (En Marche! n'en a pour l'heure présenté que 14, mais en alignera 577), mais par forces politiques. 

Ces résultats sont ensuite rapportés à chaque circonscription, en prenant en compte les résultats des élections de 2012, des régionales de 2015 ainsi que du premier tour de la présidentielle de 2017 (soit deux élections inscrites dans des contextes politiques très différents, au cours desquelles En Marche! n'existait pas, par exemple). La projection intègre par ailleurs un "bonus" aux sortants, en le pondérant dans le cas particulier des socialistes.

Enfin, ce sondage mise sur une participation comparable à celle de 2012, soit un peu moins de 60%. Il est possible que la mobilisation autour de ce scrutin, perçu par beaucoup d'électeurs comme la revanche de la présidentielle, soit plus forte.

Louis Nadau