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Le FN prive Jean-Marie Le Pen de... carte bleue

Marine Le Pen, Jean-Marie Le Pen, et Bruno Gollnisch, en 2010.

Marine Le Pen, Jean-Marie Le Pen, et Bruno Gollnisch, en 2010. - Fred Dufour - AFP

D'après Marianne, Marine Le Pen, après sa violente scission avec son père Jean-Marie, aurait décidé de retirer des responsabilités à deux anciens proches du fondateur du parti: Bruno Gollnisch et Marie-Christine Arnautu.

Après la "dédiabolisation" si chère à Marine Le Pen, l'heure de la "purge" a-t-elle sonné au Front national? A en croire nos confrères de Marianne, une véritable opération de "délepénisation" est en train de secouer le parti d'extrême-droite, depuis la base de ses fédérations locales. Jusqu'à ses plus hautes sphères.

Ainsi, selon l'hebdomadaire, la scission entre l'actuelle présidente de la formation et son père est si importante que décision aurait été prise d'écarter tous les anciens proches et lieutenants de Jean-Marie Le Pen, fondateur du parti. Pour rappel, ce dernier a été récemment suspendu de sa qualité d'adhérent après avoir de nouveau suscité un tollé en réitérant, sur l'antenne de BFMTV, ses propos polémiques sur les chambres à gaz. Première étape d'une nouvelle crise intestine au sein du FN, qui n'a eu de cesse de gagner en violence ces dernières semaines.

Marie-Christine Arnautu limogée?

Quelle forme prendrait cette "délepénisation"? Toujours selon Marianne, ce sont deux cadres historiques du parti qui viendraient de perdre d'importantes fonctions. Vice-présidente chargée des questions sociales au sein du FN, l'eurodéputée Marie-Christine Arnautu viendrait de se faire signifier qu'elle ne fait plus partie de la Commission d'investiture du parti. Un limogeage intervenu juste avant une réunion capitale censée caler les dernières investitures en vue des élections régionales de décembre prochain. A l'origine de cette décision? Marine Le Pen en personne.

Longtemps vice-président du Front national, Bruno Gollnisch est l'autre personnalité du parti à faire les frais des récentes divisions. Pas rancunier, celui qui avait candidaté lors du congrès de Tours en 2011 pour succéder à Jean-Marie Le Pen avait dû largement s'incliner face à la fille de ce dernier. Avant de faire preuve d'une fidélité sans faille à son ancien chef de file au cours des dernières semaines de polémique.

Exit Bruno Gollnisch

Un soutien qui ne passe plus, pour l'actuelle direction du FN. Ainsi, celui qui est également eurodéputé n'est pas présent, ces jeudi et vendredi, à la réunion de la Commission des conflits. Cette dernière a en effet rendez-vous pour faire le ménage auprès des candidats aux élections départementales qui, par le biais de propos déplacés ou autres, se seraient écartés de la ligne officielle du parti. Et poser problème. Un travail inédit pour cette instance, qui se fera donc sans Bruno Gollnisch, mis de côté.

Si l'information n'a pas été confirmée, elle pourrait se révéler hautement symbolique. Toujours selon Marianne, le trésorier du Front national, Wallerand de Saint-Just, aurait fait en sorte de couper la carte bancaire du parti allouée jusqu'à maintenant... à Jean-Marie Le Pen.

Jé. M.