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Jean-Marie Le Pen menace de créer un nouveau parti

Suspendu du Front national lundi, Jean-Marie Le Pen promet une bataille sans merci à sa fille Marine Le Pen, présidente du parti. Et laisse planer la menace de la création d'un nouveau mouvement.

Jean-Marie Le Pen va-t-il faire scission du Front national? Suspendu de son statut d'adhérent, lundi soir, par sa fille Marine du parti qu'il a lui-même créé, le patriarche frontiste se dit prêt à lui livrer une bataille sans merci, quitte à se poser en obstacle dans sa course pour la présidentielle de 2017. Après avoir crié à la "félonie" et demandé à la benjamine de ses filles de lui "rendre son nom", il laisse maintenant planer la menace de la création d'un nouveau parti.

"Le temps est maintenant celui de la réflexion. Je dois m’interroger sur les possibilités qu’a le courant national de s’exprimer à temps pour sauver notre pays. Est-il encore possible de le faire avec le Front national dirigé par Marine Le Pen? Je ne sais pas", a-t-il expliqué mardi sur France 2. Interrogé sur ses intentions de créer un nouveau mouvement, Jean-Marie Le Pen, "blessé", n'a pas exclu cette éventualité. "Je ne sais pas, je réfléchis", a-t-il dit.

"Personne ne suivra Jean-Marie Le Pen"

Mais pour l'heure, les cadres du FN refusent d’évoquer tout risque de dissidence de Jean-Marie Le Pen. "Il y a zéro scission. Tout le monde est derrière Marine, c’est une évidence", a ainsi assuré Florian Philippot, bras droit de Marine Le Pen, à notre micro.

"Le Front défend la libre création d’entreprise. Donc s’il souhaite créer son propre mouvement, personne ne peut s’y opposer, il n’y a aucun problème", a-t-il évacué.

Les cadres du parti se sont donc lancés dans une opération décrédibilisation du père. "Je ne crois pas du tout, et on l’a vu d’ailleurs dans l’expression de nos dirigeants, de nos cadres et même de nos militants, personne ne suivra Jean-Marie Le Pen dans une démarche qui n’est pas politique soyons clairs", a lancé le secrétaire général du FN Nicolas Bay sur notre plateau.

Jean-Marie Le Pen mettra-t-il ses menaces à exécution? Interrogé par BFMTV, l’éditorialiste politique du Figaro Guillaume Tabard juge en tout cas qu’une telle entreprise de la part de celui que l’on surnomme le "Menhir" ne peut pas avoir lieu, et qu’elle serait vouée à l’échec.

"Jean-Marie Le Pen d’abord, a son âge, il va avoir 87 ans. Il n’a pas l’énergie personnelle, je pense, pour créer un nouveau parti. Et surtout, il n’a pas les troupes. Si Jean-Marie Le Pen aujourd’hui voulait tenter une nouvelle aventure, il découvrirait qu’il est seul".

Marine Le Pen largement silencieuse

Wallerand de Saint Just, trésorier du parti, ne "croit pas" lui que Jean-Marie Le Pen puisse pourrir la bonne marche du FN, qui pourrait selon lui changer de nom.

La guerre? C'est "plutôt le chant du cygne", affirme un autre mariniste. "Il n'y a aucun recours possible et 'Le Pen' le sait parfaitement". "Avec les déclarations qu'il a faites, il est dans le discrédit, il va s'isoler plus encore", veut croire ce cadre en lui opposant "le sang-froid" de Marine Le Pen.

De son côté, Marion Maréchal-Le Pen a pris clairement ses distances mardi en déclarant ne pas vouloir être "prise en otage par Jean-Marie Le Pen" et veut se donner le temps de la réflexion sur sa candidature aux régionales en Paca.

Marine Le Pen, qui sera mercredi à Prague, est elle restée largement silencieuse depuis lundi sur la guerre familiale au FN. "L'outrance" de son père montre qu'il n'y avait "pas d'autre solution" que la sanction, a-t-elle seulement déclaré mardi à Europe 1.

Violette Robinet avec AFP