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Frais de campagne: l'équipe de Benoît Hamon répond à Julien Dray

Benoît Hamon à Bercy.

Benoît Hamon à Bercy. - Eric FEFERBERG / AFP

En réponse à Julien Dray, trois membres de l'équipe de campagne de Benoît Hamon défendent le budget de sa campagne et renvoient le socialiste aux causes politiques de cette déroute.

C'est un règlement de comptes, au sens propre. Trois des principaux lieutenants de l'ancien candidat socialiste Benoît Hamon, éliminé dès le premier tour de la présidentielle, répondent ce vendredi dans Libération à Julien Dray, selon qui un "certain nombre" de socialistes ont beaucoup d’interrogations sur "la manière dont a été géré le budget" de la campagne.

"Audit rigoureux"

Le cadre du Parti socialiste, membre du comité national, a estimé jeudi sur LCI qu'un "audit" des comptes de campagne était nécessaire, au vu de la différence entre les moyens engagés par le PS -15 millions d'euros- et du résultat obtenu -6,36% des voix. Régis Juanico, ancien trésorier, Mathieu Hanotin, co-directeur, et Bastien Recher, secrétaire général administratif de la campagne, signent en réponse une tribune saignante pour défendre le fondateur du Mouvement du 1er juillet.

"Dans quelques semaines le verdict de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) qui examine dès à présent la sincérité de ces comptes, fera office du plus rigoureux audit qui soit", écrivent les hamonistes.

Dépenses inefficaces

"Que reproche-t-on exactement à Benoît Hamon? D’avoir trop dépensé? Les chiffres sont têtus et disent le contraire. Le niveau des dépenses du candidat socialiste au premier tour est inférieur à celui des principaux candidats des élections de 2007 et de 2012", font-ils encore valoir.

Julien Dray, lui-même directeur de campagne de Ségolène Royal en 2007, n'a pas été convaincu par la gestion de l'état-major du candidat:

"Si à côté des résultats, il y avait des dizaines d’initiatives très importantes qui avaient été prises, mais là quand je compare les calendriers de la campagne, je me dis qu’il y a des choses qu’ils ont dû payer très cher", a-t-il lancé.

La comparaison des deux bilans comptables est en effet cruelle pour les partisans de Benoît Hamon: en 2007, avec un budget de 20 millions d'euros, chaque voix remportée par Ségolène Royal avait "coûté" 79 centimes. Dix ans plus tard, chaque voix arrachée par les socialistes a coûté 6,58 euros au parti.

"Déloyauté inédite" et "campagne éclair"

Les fidèles de l'ancien député des Yvelines clament pourtant que "les dépenses sont restées dans le budget initial prévu", et renvoient Julien Dray, non sans amertume, au contexte politique délétère de la campagne:

"Avec un parti divisé, la déloyauté inédite de nombreux dirigeants socialistes (...) et une campagne électorale éclair du fait d’une élection à la primaire tardive en janvier, le candidat avait toutes les raisons de compenser les difficultés par des dépenses supplémentaires. Ce choix n’a pas été fait".

Les hamonistes ont beau mettre en avant la conduite vertueuse de leur champion, ce dernier, accusé d'avoir quitté le PS avec une "ardoise" de 15 millions d'euros, n'est pas en odeur de sainteté rue de Solférino. Alors que le siège du parti pourrait être vendu pour éponger ces dettes, un cadre pestait ainsi dans le Canard enchaîné: "Si on en arrive là, c'est à cause de sa campagne de merde."

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