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Dray demande un audit des dépenses de campagne de Hamon

Julien Dray

Julien Dray - Zakaria ABDELKAFI / AFP

Julien Dray, conseiller régional d'Île-de-France et figure du Parti socialiste, a réclamé ce jeudi sur LCI un audit sur les dépenses de campagne de Benoît Hamon, le candidat du PS largement défait au premier tour de la présidentielle, et dont chaque voix a coûté cher.

De la campagne présidentielle de Benoît Hamon, Julien Dray, proche de François Hollande et conseiller régional d'Île-de-France, n'a aimé ni le résultat, ni la conduite, ni le coût. C'est en tout cas ce qui est apparu ce mercredi lors de son passage sur la chaîne LCI, comme l'a repéré Le Lab.

Durant sa campagne, le candidat du Parti socialiste et de ses alliés a dépensé 15.072.745 euros pour ne fédérer que 6,36% des suffrages exprimés au premier tour du scrutin, soit 2,2 millions de personnes. Le calcul dépenses/résultats obtenus est implacable: chaque électeur convaincu représente 6,58 euros de dépenses.

2007-2017: un contraste douloureux pour le PS

Aux yeux de Julien Dray, l'élimination de Benoît Hamon au premier tour de la présidentielle n'en devient que plus douloureuse. D'autant plus, relève-t-il, qu'il avait personnellement dirigé la campagne de Ségolène Royal en 2007. "J’ai dirigé une campagne présidentielle directement, celle de Ségolène Royal. Je sais ce que nous avions dépensé à l’époque, et je sais ce que nous avions fait surtout pour pouvoir dépenser ces sous. Je n'ai pas le sentiment qu’il y ait eu le même type de calendrier et le même type d’initiatives", juge Julien Dray.

L'élu francilien met ainsi en cause le manque de dynamisme de la campagne de Benoît Hamon, pour une facture finale que seul le vainqueur, Emmanuel Macron, aura dépassé: "Si à côté des résultats, il y avait des dizaines d’initiatives très importantes qui avaient été prises, mais là quand je compare les calendriers de la campagne, je me dis qu’il y a des choses qu’ils ont dû payer très cher."

Au jeu des comparaisons, la tentative de Ségolène Royal sort effectivement gagnante. 20.700.000 euros avaient été dépensés en 2007 pour les besoins de la campagne et la présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes d'alors avait totalisé 26.290.552 électeurs, en additionnant les votes en sa faveur aux deux tours. Le rapport est beaucoup plus favorable: chaque voix avait "coûté" environ 79 centimes.

Un épineux débat à venir

Voici donc "beaucoup de sous pour un résultat très modeste", persifle Julien Dray, qui poursuit: "Nous sommes un certain nombre à avoir beaucoup d’interrogations sur la manière dont a été géré ce budget. Des questions seront légitimement posées dans les semaines à venir". Afin que ces questions trouvent une réponse, il convient de ne pas en rester là: "Je pense qu’il faut lui en demander, oui, c’est normal. Excusez-moi, mais c’est la moindre des règles de politesse!"

Julien Dray a ensuite développé: "Donc il y a un audit à faire, correct, honnête." Interrogé par la journaliste sur la possibilité de lancer plus tard une action en justice à ce sujet, Julien Dray a tempéré: "Je n’en suis pas là. J’en suis simplement au stade des interrogations."

Pour éponger l'ardoise du Parti socialiste après une présidentielle et des législatives 2017 désastreuses, le PS a l'intention de vendre son siège historique de la rue de Solférino. Mais à l'évidence, ses membres auront besoin d'un débat pour solder les comptes.

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Benoît Hamon

Robin Verner