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"Fichage" de gilets jaunes à l'hôpital: le Sénat demande des explications à Agnès Buzyn

Manifestation de gilets jaunes le 16 mars dernier sur les Champs-Élysées.

Manifestation de gilets jaunes le 16 mars dernier sur les Champs-Élysées. - Thomas Samson - AFP

Les présidents des commissions des Affaires sociales et des Lois du Sénat demandent à la ministre de la Santé de donner des explications au sujet des accusations de "fichage" des gilets jaunes à l'hôpital.

Selon un communiqué publié ce vendredi, les présidents des commissions des Affaires sociales et des Lois du Sénat demandent à Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, de s'expliquer au sujet des accusations de "fichage" des gilets jaunes à l'hôpital.

Dans un courrier commun adressé à la ministre, les sénateurs LR Alain Milon et Philippe Bas lui demandent "de faire la lumière sur la réalité du recueil de données lors d'admissions hospitalières consécutives à des manifestations sur la voie publique dont l'exploitation est susceptible de porter atteinte à la liberté individuelle".

Alain Milon et Philippe bas demandent également à Agnès Buzyn "d'indiquer les actions que le ministère et les organismes placés sous sa tutelle ont entreprises pour mettre fin à cette situation si elle était avérée".

La révélation mi-avril par Le Canard Enchaîné de l'utilisation du fichier SI-VIC par les services d'urgence pour les gilets jaunes avait conduit l'un des manifestants concernés, blessé à Paris en février, à déposer une plainte pour fichage "illicite".

Agnès Buzyn réfute tout "fichage"

L'Assistance publique -Hôpitaux de Paris (AP-HP)- avait rejeté ces accusations, avant de reconnaître que le fichier nominatif SI-VIC avait parfois inclus "de manière inappropriée" des précisions de nature médicale - comme le fait que telle ou telle victime a été blessée par un tir de LBD ou un coup de matraque - une pratique qu'elle avait dit avoir l'intention de "corriger".

Interrogée début mai sur Europe 1 à propos de cette polémique, Agnès Buzyn avait réfuté tout "fichage".

Pour les deux sénateurs LR, "l'absence d'explications claires et convaincantes, à ce jour (...) laisse prospérer l'idée que des manifestants pourraient, en tant que tels, être inscrits dans des fichiers par l'hôpital public à des fins contestables". "Cette éventualité contribue à nourrir la défiance à l'encontre des personnels hospitaliers ou des forces de l'ordre", estiment-ils.
Avec AFP