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Crise à La France insoumise: pour Clémentine Autain, "le pire serait de continuer comme avant"

Invitée de BFMTV, la députée de Seine-Saint-Denis a de nouveau appelé le leader de La France insoumise à participer à un débat de ligne avec les autres formations que compte la gauche radicale.

Moins virulente dans la forme, toujours convaincue sur le fond. Invitée ce vendredi matin de notre antenne, Clémentine Autain a réitéré son souhait que La France insoumise organise un débat sur sa ligne dans les mois à venir. Et si possible avec d'autres formations issues de la gauche radicale. 

"On est sorti des européennes avec un paysage politique qui (...) se résume à: soit le pouvoir en place, et l'accélération de recettes austères, néolibérales, productivistes, ou alors une solution autoritaire, de repli, climatosceptique, incarnée par l'extrême droite", constate d'abord la députée LFI de Seine-Saint-Denis. 

Et de tirer la sonnette d'alarme: "On ne va quand même pas rester les bras ballants. (...) Le pire serait de continuer comme avant." L'élue cite en exemple Charlotte Girard, ex-responsable du programme de LFI, qui a quitté le mouvement après en avoir dénoncé le fonctionnement. "Il n'y a pas moyen de ne pas être d'accord", s'était-elle plaint dans un long billet publié sur Facebook

Manque de "pluralisme"

Dimanche prochain, Clémentine Autain lance, avec sa collègue communiste des Hauts-de-Seine Elsa Faucillon, un "big bang de la gauche". Y sont conviés des représentants de Génération.s, du Nouveau Parti anticapitaliste, des écologistes, ainsi que des personnalités issues des mondes associatif et syndical. 

"Je ne veux pas juste être dans un débat dans La France insoumise; c'est avec La France insoumise et au-delà de La France insoumise qu'il faut bâtir une voie d'émancipation", explique l'élue francilienne, elle-même à la tête d'une formation, Ensemble!. 

À peine plus d'une semaine après le scrutin du 26 mai, qui a vu LFI chuter de ses 19,58% de la présidentielle à 6,31%, Clémentine Autain a dénoncé la "logique du clash" nourrie, d'après elle, par Jean-Luc Mélenchon depuis un an. Elle estime que les insoumis doivent davantage jeter des passerelles vers leurs alliés: 

"Je ne cesse de le dire, je pense que nous avons pêché par difficulté à faire vivre le pluralisme."

"Il faut se respecter"

Dimanche dernier, le député des Bouches-du-Rhône a riposté en se disant "consterné par le nombrilisme de certaines critiques".

"Une force, LFI, est là, qu'aucune autoflagellation de convenance tant à la mode dans la vieille gauche officielle mondaine ne viendra abattre", a-t-il déclaré dans son discours de clôture de l'assemblée représentative des insoumis. 

"Qu'il nous dise quel est l'autre chemin que de rassembler", lui répond aujourd'hui Clémentine Autain, selon qui cette nouvelle démonstration d'autorité de la part du leader n'a pas été source d'apaisement. Au contraire, elle y voit le déclencheur d'un nouveau départ, celui de Manon Le Bretton, co-responsable de l'école de formation militante de LFI. 

"Je ne pense pas qu'on se renforce avec des départs successifs, ou avec des oukazes, ou avec des façons de s'exprimer vis-à-vis de personnalités qui émettent (...) des critiques, mais aussi des propositions", affirme la députée de Seine-Saint-Denis.

"Il faut du débat de fond, il faut se respecter, il faut se parler, il faut s'écouter, se comprendre", ajoute-t-elle, tout en précisant qu'elle ne quittera pas -dit-elle pour l'instant- La France insoumise.

Jules Pecnard