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Dans une tribune, d'anciens cadres et des proches de LFI appellent à un "ample mouvement citoyen"

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Ce mardi, des personnalités proches de la France insoumise, ainsi que d'anciens cadres de ce mouvement, ont publié une tribune sur le site du JDD. Pour tirer les conséquences d'élections européennes qui semblent avoir affaibli leur famille politique, ils souhaitent encourager des initiatives populaires.

Secousses et répliques ne cessent d'agiter la galaxie de La France insoumise depuis les résultats très décevants des européennes. Tandis que Jean-Luc Mélenchon se remet peu à peu en selle à l'Assemblée nationale entouré de son groupe, où figure une Clémentine Autain qui a décidé de jouer sa carte personnelle en réclamant une mise au rencart définitive de la ligne populiste qui avait pourtant assuré un important succès d'estime à son candidat en 2017, démissionnaires et évincés du mouvement façonnent leur propre feuille de route.

Cette tribune, signée entre autres par Charlotte Girard, longtemps personnalité essentielle de l'entourage de Jean-Luc Mélenchon qui vient de prendre ses distances, ainsi que par François Cocq et Djordje Kuzmanovic, cadres partisans d'un souverainisme de gauche poussés à la rupture durant la dernière campagne, est parue ce mardi sur le site du JDD. Sans s'adresser directement à leur ancienne formation, les auteurs analysent la difficulté de sa situation présente et appellent à rassembler autour d'initiatives populaires. 

"Anesthésiant démocratique" 

Qualifiant l'effet du dernier scrutin "d'anesthésiant démocratique", les signataires remarquent l'absence de débouché politique au mouvement des gilets jaunes: "Les européennes ont démontré l’incapacité institutionnelle à proposer un débouché politique à l’aspiration populaire exprimée depuis le 17 novembre dernier. L’impératif démocratique reste sans réponse." Et le panorama dressé de la scène politique ressemble surtout à un champ de ruines: "Avec l'absorption de la moitié de l'électorat LR par LaREM, l'affaissement du PS au minimum irréductible, l’effondrement de l’espoir porté par LFI en 2017 et la transformation d’EELV en une valeur refuge de circonstance, le reste du champ politique est parcellisé, sans capacité d’agrégation."

Que faire, alors? Tenter une énième union de la gauche? Peine perdue, ne serait-ce qu'en raison de la faiblesse de cette dernière dans les isoloirs estime le texte: "Chercher de manière artificielle une majorité électorale impossible, c’est renoncer à l’ambition de constituer une majorité populaire." "Ce qu’il faut rechercher, c’est l’élévation du niveau de conscience populaire acquise non seulement à l’identification claire d’une oligarchie qui est dangereuse pour soi socialement et écologiquement ; mais aussi à l’idée qu’un rôle politique légitime incombe souverainement à soi en tant que peuple", proclament ensuite les rédacteurs. 

La question de la structure à adopter se pose par conséquent aux pétitionnaires:

"L’instrument et la perspective capables de produire ce niveau de conscience menant à la révolution citoyenne doivent être interrogés. Face à la crise écologique déjà enclenchée, face à la crise démocratique qui frappe, face à la crise financière qui vient, nous considérons que, comme à chaque fois que la République a été appelée à la barre par les affres de l’Histoire, seul un processus populaire et constituant permettra de répondre à la crise systémique qui s’avance. Cela en fait aussi l’idée centrale et structurante pour qui veut renverser la table en 2022."

"Rendre au peuple et à la Nation la souveraineté"

Mais peut-être s'agit-il davantage pour les auteurs de renverser la pyramide que la table. Car ce processus constituant n'a pas vocation à être endossé par un nouveau mouvement politique, proclame le document qui invite à en revenir à la base:

"Partout, nous invitons dans leur diversité les cadres collectifs déjà organisés à mettre à l’ordre du jour ces questions sous la forme qu’ils jugent la plus adaptée. La mobilisation citoyenne pour préserver l’outil d’intérêt général qu’est Aéroport de Paris et obtenir un référendum populaire est ainsi un axe concret et nécessaire d’action. Ailleurs, vous préférerez saisir d’autres opportunités qui, partant du quotidien ou de réalités locales, amènent à penser collectivement le bien commun. Les premiers cercles populaires et constituants qui déjà se réunissent dans de nombreux départements pourront servir de réceptacles à cette infusion citoyenne."

Le texte conclut alors par un appel: "Nous en appelons à établir un ample mouvement citoyen mû par une même idée fédératrice: rendre au peuple et à la Nation la souveraineté de sa décision pour retrouver sa liberté républicaine, celle qui fait du bonheur commun l’essence de toute association politique."

Robin Verner