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Accord sur l'emploi: que cherche Mélenchon?

Jean-Luc Mélenchon, leader du Parti de gauche, à la manifestation contre l'accord sur l'emploi le mardi 5 février à Paris

Jean-Luc Mélenchon, leader du Parti de gauche, à la manifestation contre l'accord sur l'emploi le mardi 5 février à Paris - -

Nouveau cheval de bataille de Jean-Luc Mélenchon: l'accord sur l'emploi présenté mercredi en Conseil des ministres. Sans surprise, le leader du Parti de gauche est de nouveau descendu dans la rue mardi. Combat réel ou opposition systématique au gouvernement?

Grosse journée de mobilisation, mardi, en France. À l’appel de quatre syndicats, des manifestations ont lieu un peu partout sur le territoire pour contester l’accord du 11 janvier, signé par d’autres partenaires sociaux, et qui sera adopté, mercredi, en Conseil des ministres.

Ce projet entend assurer "la sécurisation de l'emploi" avec la création, entre autres de nouveaux droits pour les salariés et les entreprises. Les opposants ont dénoncé un texte "dangereux, régressif, anti-social".

Parmi les détracteurs, Jean-Luc Mélenchon, qui a occupé mardi autant la rue que les médias. Mais quelle place au juste cherche le leader du Parti de gauche? Eléments de réponse.

> Des médias à la rue, Mélenchon dans le rôle du tribun

Dans les médias et dans la rue, Jean-Luc Mélenchon a endossé les habits du tribun pour s'opposer à ce projet de loi. Dès le petit matin, il tonnait sur RTL: "C'est aux parlementaires de faire la loi, pas au Medef". Adepte des expressions imagées, l’eurodéputé a dénoncé un texte écrit par l’organisation patronale et soumis aux travailleurs sous la menace: "Il n'y a pas de dialogue social quand le Medef écrit un texte et qu'on doit le signer avec un revolver sur la tempe", peut-on encore lire sur le compte Twitter du Parti de gauche.

Puis, comme prévu, dans l'après-midi, le leader du Parti de gauche a rejoint le cortège parisien et les manifestants, pour fustiger un accord qui "revient sur des acquis sociaux qui ont plus de 20 ans".

Après cette journée qui avait promis d’être "une démonstration de force", le combat de la gauche de la gauche se poursuivra à l'Assemblée.

En effet, leurs élus ont assuré que des centaines d'amendements pour contrer le projet seront à prévoir lors des prochains débats parlementaires. Quant à leurs collègues écologistes, qui ne se positionneront que fin mars, ils ont prévenu qu'ils ne seraient "pas avares".

> Une bataille systématique

Jean-Luc Mélenchon n'en est pas à son premier bras de fer avec le gouvernement. Pour rappel, ces positions hostiles au gouvernement sont monnaie courante tant chez les élus écologistes que chez les élus d’extrême-gauche. La plus grosse crise remonte à septembre, avec l’adoption du traité européen. Celui-ci avait cristallisé de nombreuses tensions au sein de la majorité, à tel point que la démission de Cécile Duflot et Pascal Canfin s’était même invitée dans une tribune du Monde.

Une semaine plus tard, Jean-Luc Mélenchon prenait le relais en organisant une vaste manifestation contre l'austérité et le traité budgétaire européen.

Ainsi, descendre dans la rue et rejeter les propositions de la majorité constituent les seuls moyens pour la gauche de la gauche de montrer son opposition à la politique de l'exécutif. Encore récemment, le scrutin mixte départemental a été vivement combattu par le Front de Gauche, et sur lequel les écologistes et les radicaux de gauche se sont abstenus.

> Une opposition qui a ses limites

Mais l'opposition quasi-systématique de Jean-Luc Mélenchon a ses limites. Le leader du Parti de gauche doit composer avec ses alliés du Parti communiste.

Or, si "les élus communistes s'opposent au gouvernement d'un point de vue économique, ils votent quand même les mesures emblématiques, idéologiques comme le mariage homosexuel", souligne Eddy Fougier, politologue et chercheur associé à l'Institut de relations internationales et stratégiques.

Car, "le parti communiste n'a pas d'intérêt, sur le plan financier, à aller jusqu'à la rupture avec la majorité". "La manifestation d'aujourd"hui est en adéquation avec les thèmes de campagne de Mélenchon", rappelle le spécialiste.