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Emploi: FO et la CGT s'unissent pour manifester

Les cheminots Lens de la CGT mobilisés lors du mouvement social national du 9 octobre 2012

Les cheminots Lens de la CGT mobilisés lors du mouvement social national du 9 octobre 2012 - -

Les deux organisations syndicales, qui n'avaient pas signé l'accord avec le patronat en janvier dernier, entendent dénoncer la politique d'austérité du gouvernement.

"Tous ensemble, tous ensemble". La CGT et FO ont décidé d'unir leurs forces, en appelant ensemble, de manière inédite, à des grèves et à des manifestations mardi dans tout le pays pour faire barrage au projet de loi sur l'emploi.

Les deux syndicats voient dans ce projet, qui sera présenté mercredi en Conseil des ministres, la traduction d'une politique sociale à rebours des promesses gouvernementales.

Deux autres syndicats - Solidaires et FSU - ont rejoint leur appel à cette journée d'action. Trois centrales en revanche - CFDT, CFTC, CFE-CGC - ont signé le 11 janvier avec le patronat l'accord, transposé sans grande modification par le gouvernement.

170 manifestations

FO et CGT "main dans la main, c'est en soi un événement", affirmait la semaine dernière le numéro un cégétiste, Bernard Thibault, alors que l'appel commun à une mobilisation des deux syndicats, historiquement "frères ennemis", est une première.

La tension monte en revanche avec la CFDT qui appelle dans un tract les salariés à ne pas être victimes d'une "vaste opération d'intox" contre l'accord, donnant raison à ceux qui ne participeront pas à la journée d'action.

Plus de 170 manifestations et rassemblements sont prévus dans différentes villes, selon la CGT. A Paris, le cortège partira à 14 heures du Châtelet en direction de l'Assemblée nationale. Des appels à arrêter le travail ont été lancés dans de nombreux secteurs (Transports, fonction publique, industries diverses). A la SNCF, le trafic sera "normal" sur la plupart des lignes, selon la direction.

Autre chose que l'"austérité sociale"

L'appel à la journée d'action intervient sur fond d'explosion du chômage, d'avalanche de plans sociaux, de colère des ouvriers de PSA ou de Renault, de tensions chez les fonctionnaires.

Pour les leaders syndicaux le projet sur l'emploi est révélateur des choix du gouvernement: "C'est un accord d'accompagnement d'une politique globale de rigueur et d'austérité" qui se traduit "notamment par une croissance nulle, une augmentation du chômage et des inégalités", estime Jean-Claude Mailly, le leadet de FO.

Bernard Thibault, qui avait appelé à voter pour François Hollande à la présidentielle de 2102, déplore de "devoir moins d'un an après, appeler à la mobilisation car les projets sont considérés comme néfastes". Pour faire baisser le chômage il faut autre chose que "l'austérité sociale", dénonce-t-il.