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Expulsions "plus efficaces", évaluation de l'Aide médicale d'Etat... Macron détaille son projet sur l'immigration

Dans cinq jours débutera à l’Assemblée nationale le débat sur l’immigration. Avec des réunions en amont, le gouvernement a déjà entamé son opération de déminage autour de ce thème central dans la politique d’Emmanuel Macron.

Dans un entretien accordé à Europe 1, le chef de l'Etat assure "parler calmement d'immigration" alors que les débats sur le sujet doivent commencer le 30 septembre à l'Assemblée nationale. Ces discussions auront lieu "dans un cadre extrêmement apaisé", explique-t-il.

"Je crois au vrai 'en même temps' sur la politique migratoire", plaide le chef de l'Etat souhaitant "être humain et efficace" dans ses mesures et "sortir de certaines postures dans lesquelles nous sommes enfermés", entre "bonne conscience" et "faux durs". 

"Ce serait une erreur de dire que la question migratoire est une question taboue ou que, en quelque sorte, on ne pourrait la poser que quand il y a des crises", dit-il, soulignant que "la France est un pays de migration de tout temps", et souhaitant aborder ce débat de manière "extrêmement apaisé(e)".

  • "Donner l'asile à ceux qui ont besoin de notre protection"

Dans cette interview, le chef de l'Etat décline les axes de la politique à suivre. Il souhaite d'abord "donner l'asile le plus rapidement possible à ceux qui ont besoin de notre protection". Ensuite, il projette d'"intégrer beaucoup plus efficacement ceux qui ont droit à l'asile: plus de cours de français, une politique de l'emploi plus forte".

"On doit traiter et protéger tous ceux qui sont sur notre territoire pour eux-mêmes et pour nous, mais là aussi il faut le faire avec raison, bon sens, et analyser s'il n'y a pas des excès qui existent, et je crois qu'ils existent dans certaines catégories", poursuit-il.

Emmanuel Macron explique ainsi que "pour continuer à accueillir tout le monde dignement, on ne doit pas être un pays trop attractif". Il reconnaît qu'il "n'a pas réussi à tenir" l'engagement pris à Orléans en juillet 2017 et qu'il y a eu une très forte augmentation du nombre de demandeurs d'asile, en raison d'une insuffisante coopération en Europe.

  • "Reconduire beaucoup plus efficacement" à la frontière

Il admet aussi un "échec" sur les reconduites à la frontière parce que "les procédures durent trop longtemps". Il annonce vouloir "vouloir reconduire beaucoup plus efficacement les personnes qui n'ont pas vocation à rester sur le territoire parce qu'elles y sont entrées illégalement et qu'elles ont parfois demandé l'asile et qu'elles n'y avaient pas droit". 

  • Réévaluer l'AME

Quant à l'aide médicale d'Etat (AME) aux immigrés, il souhaite "évaluer" son "panier de soins", s'interrogeant sur la possibilité d'"excès", tout en jugeant que la supprimer serait "ridicule".

"Si on arrive à faire ça, je peux vous dire qu'on sera un pays à la hauteur de ses valeurs" et cela constituerait "une opportunité économique", conclut le président de la République, qui ne veut pas d'un "pays dans lequel parfois on ajoute la misère à la misère".
Ambre Lepoivre avec AFP